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samedi 2 septembre 2017

Bla-bla & Milena

Après mes deux précédentes lectures traitant de terrorisme et de nazisme, j'avais grand besoin d'une bouffée d'oxygène et d'un peu de fantaisie.

Comme, parallèlement, cela faisait une éterrrrrrrnité que je n'avais pas participé à mon troisième challenge, celui de Martine et de son beau voyage italien, 



un nom est apparu comme une évidence : Milena Angus ! 

J'avais dans ma liseuse le titre suivant : While the shark is sleeping. Le choix fut donc simple. 

Plus qu'un roman, ce livre s'est plutôt avéré être une galerie de portraits, ceux de personnages qui auraient très bien pu être une autre branche de la famille de la Comtesse de Ricotta ! 😊


J'ai aimé retrouver le ton faussement léger de Milena Angus, cette manière qu'a cette écrivaine d'aborder des sujets graves sous des airs un peu farfelus et par le biais de personnages empêtrés dans leurs propres rêves, mais prêts à tout pour continuer à savourer la vie. 


Transformer le toit abandonné d'une maison où chacun vient déposer des rebuts en merveilleux jardin, danser avec un bel homme même en sachant qu'il est totalement inaccessible, avoir des cartes postales des lieux que l'on souhaite visiter, jouer avec la vie, la mort, l'amour et se demander ce que Dieu peut bien penser de tout ça, voilà l'univers dans lequel nous convie Milena Angus et l'on s'y évade avec plaisir.   


Petit bémol toutefois concernant la relation sado-masochiste entretenue par l'adolescente/narratrice avec son « amant ». Même si cette relation a du sens au sein du livre, ce sont des descriptions dont je me serais passée. Ma lecture n'en aurait pas souffert, alors que cette jeune fille, elle, souffre. Comme on dit au Québec, cela venait un peu « casser le party » dans cette atmosphère bien particulière créée par l'auteur. Il se peut qu'il s'agisse d'une intolérance tout à fait personnelle à cette forme de sexualité, mais je souhaitais le signaler ici, pour celles qui seraient comme moi.   



Cette lecture me permet de poursuivre ma 3ième ligne du Petit Bac d'Enna en complétant la catégorie ANIMAL.




Parlant de cette troisième ligne, elle devrait ressembler à ceci :

Prénom
Claudine à l'école de Colette (pour tenter de combler une de mes nombreuses lacunes !)

Lieu
La plage de Marie Nimier (parce que ce livre m'intrigue...)

Couleur
L'année noire  d'Ismaïl Kadaré (pour tenter de combler une autre de mes nombreuses lacunes !)

Animal
While the shark is sleeping de Milena Angus

Objet
Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke (parce que c'est un de mes auteurs préférés)

Sport/Loisir
Danser les ombres de Laurent Gaudé (pour tenter de combler encore une autre de mes nombreuses lacunes !)

Personne connue
Terry - The Life of Canadian Terry Fox by Douglas Coupland (parce que j'ai découvert que je vivais dans la ville de Terry Fox !!!!)

Aliment/Boisson
Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg (parce-que Aude/Blondie a beaucoup aimé)

Famille

Mort
Le vase où meurt cette verveine de Frédérique Martin (parce que ce titre revient souvent dans mes recherches pour différentes raisons et je voudrais bien savoir finalement de quoi il s'agit !)

Puisque mes passages par ici se font un peu rares ces temps-ci, je profite de l'occasion pour ajouter quelques photos de cette merveilleuse Colombie-Britannique où je vis désormais et dont je découvre un peu plus chaque jour les multiples charmes.

White Rock

White Rock


Vancouver

Après « Où est Charlie ? », voici « Où est JJ ? » 
😉 

Take care ! ❤




 




mardi 30 mai 2017

Norma de Vincenzo Bellini

Ma dernière contribution de ce mois de mai au


ne sera certes pas d'une grande originalité, mais...

que voulez-vous, je ne m'en lasse pas. Enjoy !

 (cliquez sur l'image pour que la magie opère!)


jeudi 25 mai 2017

Frédéric et compagnie de Leo Lionni

J'ai appris à lire avec Petit-Bleu et Petit-Jaune; le nom de Leo Lionni ne pouvait donc que s'imposer à moi pour cette journée dédiée à la littérature jeunesse italienne dans le cadre du


Lorsque je me suis mise en quête d'une histoire de ce cher Leo Lionni, j'ai opté pour Frédéric dont le petit coquelicot sur la couverture m'avait charmée.

Arrivée à la bibliothèque, j'ai déniché un merveilleux volume qui présentait non seulement Frédéric, mais aussi 5 autres histoires. Bonheur ! 

Ce recueil comprend :

1 - Imaginez 

Dans ce premier récit, on apprend comment Leo Lionni est devenu Leo Lionni en découpant des bouts de papier pour amuser les enfants dans un train de banlieue.


2 - Pilotin 

Cette histoire est une tendre illustration du dicton selon lequel : « L'union fait la force ». Je l'ai lu entre les deux tours des élections en France; la coïncidence m'a amusée.



3 - Frédéric 

Il est ici question des besoins matériels vs les besoins « essentiels ». Frédéric collectionne les rêves et les rayons de soleil... pour plus tard. On le trouve étrange, jusqu'au moment où...


4 - Un poisson est un poisson 

Il existe au Québec une expression qui dit qu'il ne faut pas se « prendre pour un autre ». Cette histoire dit la même chose avec de superbes images en prime !



 5 - Pezzettino 

Exister en soi, se suffire à soi-même, ÊTRE tout simplement. Simplement ? Pas tant que ça pour Pezzettino !



6 - Le rêve d'Albert 

À la fameuse question que l'on pose toujours aux enfants : « Tu veux faire quoi quand tu seras grand ? » Leo Lionni semble répondre : Aimer et créer.



Au fil de ce superbe album, j'ai retrouvé avec joie l'esthétique colorée et si pleine de sens de l'auteur italien, ainsi que la tendre philosophie qu'il délivre en toute simplicité tel un apprentissage sans leçons ni morales.

mercredi 17 mai 2017

La comtesse de Ricotta de Milena Angus

Le 



remplit vraiment pleinement son rôle : me permettre de découvrir des auteurs italiens et de combler en même temps quelques-unes de mes nombreuses lacunes.

Aujourd'hui, c'est donc Milena Angus que j'ajoute à ma liste de belles découvertes de ce joli mois de mai.

La consigne du jour était que l'histoire se déroule en Sicile ou en Sardaigne, or nous sommes ici à Cagliari.
Les personnages que nous suivons sont trois soeurs : l'une est vieille fille, la seconde est nymphomane et la dernière est une incorrigible romantique.

Dans un palais au charme désuet, le ton presque « enfantin » de l'auteure nous invite dans une petite bulle de fantaisie malgré des sujets pas si légers qu'il y parait.
En effet, il est question d'amour, d'enfants, de famille, mais aussi de... suicide ! Oui, encore ! Ce thème me poursuit j'ai l'impression, mais même un tel événement prend dans les pages de ce roman une teinte moins dramatique que d'habitude. 

J'ai aimé cette lecture, mais je constate cependant qu'ayant tardé à rédiger mon billet, elle a déjà commencé à s'effacer de ma mémoire... Mince !  

dimanche 14 mai 2017

Novecento : Pianiste, d'Alessandro Baricco


C'est mon premier Baricco ! Bon, j'ai vu Soie au cinéma, mais ce n'est pas pareil. 


Mon amie Lucie avait lu tous les titres de cet écrivain et je comprends maintenant pourquoi. La façon dont Baricco mêle vie et musique est tout simplement unique et d'une puissance inouïe. 



Et puis, il y a la mer qui tient un rôle majeur dans ce livre, ce qui ne pouvait que me séduire. 😊 Souvenez-vous...

Et puis, c'est du théâtre, cette forme d'écriture qui même lorsqu'elle est simplement lue sans aucune mise en scène confère une proximité palpable avec les personnages.

Et puis, il y a ce clin d'oeil au très grand Italo Calvino.

Et puis, quand on pense que tout est terminé, arrive la postface écrite par Françoise Brun, un merveilleux point d'orgue. 


Mais ce qui n'appartient qu'à lui, c'est l'étonnant mariage entre la jubilation de l'écriture, la joie d'être au monde et de chanter, et le sentiment prégnant d'une fatalité, d'un destin. Un destin qui, par quelque signe invisible, a écrit d'avance chacune de nos vies, et qui fera feu de tous bois pour s'accomplir. Un certain « désespoir » traverse peut-être, vif et léger, les livres de Baricco. Mais c'est que la vie humaine est finie, délimitée, quand le monde, lui, est immense, infini, merveilleux et terrible. Et de cette multiplicité infinie du monde, aucun texte jamais, aucune musique, ne pourra rendre compte.  


Et puis...
Et puis...
Et puis...

Lucie avait raison : quand on commence à lire Baricco, on ne peut plus s'arrêter !


Cette lecture est une nouvelle étape de mon Viaggio, en ce mois de mai aux couleurs de l'Italie, et c'est aussi la colonne LOISIR de ma deuxième ligne du Petit Bac.



jeudi 11 mai 2017

Tiramisu aux spéculoos

Dans le cadre du mois italien, qui est une escale majeure du




ce 11 mai est consacré à la gastronomie. 



J'avais mis de côté plusieurs recettes de tiramisu « spéciaux » et l'occasion a donc fait le(s) larron(s).

Nous avons opté pour un tiramisu... aux spéculoos ! L'idée est toute simple : remplacer les biscuits habituels par... des spéculoos. Et voici le résultat !  😊





De côté et du dessus.














Oui, c'était très bon, mais... pas autant qu'on se l'était imaginé. 

En fait, les spéculoos sont des biscuits très bons en eux-même, or dans le tiramisu, ils avaient un peu perdu leur goût ce qui était dommage. 

Et, pour ce qui est du tiramisu en tant que tel, il avait lui aussi perdu de sa saveur, car les spéculoos étaient très sucrés en comparaison des biscuits utilisés généralement et ce n'était donc plus véritablement du tiramisu.

Bref, la prochaine fois, on fera un VRAI tiramisu et, une autre fois, on grignotera des spéculoos, mais pas les deux en même temps ! 😁

vendredi 5 mai 2017

La pazza gioia di Paolo Virzì.


Quand j'ai vu ce film au Festival Cinéma du Monde de Sherbrooke il y a quelques semaines, j'ai été totalement bouleversée. Ce qui est amusant, c'est que j'ai vu il y a presque 20 ans de cela, un autre film avec Valeria Bruni-Tedeschi : les gens normaux n'ont rien d'exceptionnel. Ce sont les deux seuls films avec elle que j'ai vu et dans les deux elle incarne une personne « borderline », « bipolaire » ou whatever, une personne qui ne correspond pas à la « normalité » telle que définie par notre société, une personne comme moi.

Mais tous les spectateurs dans la salle n'avaient sans doute pas ce point commun avec le film et pourtant tous vibraient, tous ont ri, tous ont pleuré, tous ont aimé ces deux nouvelles Thelma & Louise, tous ont applaudi à ce film qui donne à réfléchir, à aimer, à se sentir humain.



Mes mots ne sauront sans doute pas bien rendre ici la grandeur de ce film, mais je trouve que ceux de Noémie Luciani en dresse un portrait très ressemblant.

Pour ma part, je vais juste partager avec vous quelques moments de ce film qui m'a fait tellement de bien et qui peut permettre à ceux qui le voient de mieux comprendre ce qu'est notre quotidien, à nous, 
celles « qui sont nées tristes ».   

Ici, la lumineuse Valeria Bruni Tedeschi est dans une institution... en tant que patiente, mais elle se prend plutôt pour la grande patronne de l'endroit et... c'est absolument charmant ! On sourit.

Ici, c'est l'arrivée de Micaela Ramazzotti, absolument merveilleuse en jeune femme cabossée, et notre « grande patronne » saisit l'occasion pour se faire passer pour la doctoresse de l'établissement : on rit aux éclats !

Ici, l'hommage à Thelma & Louise est évident : on se sent tellement libres ! 
(les costumes rétro et la voiture sont dûs au fait que les deux femmes se trouvaient, dans le film, sur un tournage de film, mais au « Coupez ! »... elles ont continué à rouler !)

Ici, elles sont épuisées de lutter, fatiguées d'expliquer, veulent simplement vivre, ne plus être tristes, avoir droit au bonheur. On pleure... beaucoup.

Et tout ceci se passe dans une magnifique Italie admirablement bien filmée par Paolo Virzi. Ça s'appelle comment un film sans défauts ? Un chef-d'oeuvre ?

lundi 1 mai 2017

Il Viaggio / Le mois italien

En mai, le challenge Il viaggio devient Le mois italien. Cela signifie simplement que c'est la même chose, mais... en plus intense ! 😊

Je vous invite à découvrir le programme complet en cliquant sur cette image :



Pour ma part, voici quelles sont mes prévisions :

1er mai : présentation via le présent billet > jusqu'ici, tout va bien ! 😉

5 mai : je voudrais vous parler d'un fabuleux film que j'ai eu la chance de voir lors du Festival Cinéma du Monde de Sherbrooke > La pazza gioia de Paolo Virzì.

11 mai : à la maison, nous profiterons de cette journée dédiée à la gastronomie italienne pour tester une nouvelle recette de Tiramisù.

14 mai : place au théâtre avec le très très très beau Novecento : pianiste d'Alessandro Baricco.

17 mai : je devrais d'ici là avoir lu et vous présenter un roman de Milena Angus : La comtesse de Ricotta.

25 mai : retour en enfance avec Leo Lionni dont je lirai Frédéric et compagnie.

31 mai : une pause musicale pour terminer ce mois italien ? Ce sera pour ma part avec l'éternelle, la sublime, l'unique Norma de Bellini.  


samedi 22 avril 2017

Pietra viva de Léonor de Recondo

Je disais récemment que les livres me choisissent plus que le contraire et ici encore avec ce titre, cela se confirme. Choisi initialement pour répondre aux deux premiers challenges auxquels je participe :



et

(Colonne Objet de ma deuxième ligne)

il s'est avéré que, dans ce roman, le personnage principal écrit plusieurs lettres à un moine pour tenter de comprendre la mort d'un homme. Ce titre me permet donc de poursuivre également mon troisième challenge :



Mais, les choses vont au-delà de ça, car ce livre est aussi (par le plus grand des hasards puisque je ne lis pas les résumés avant de commencer mes lectures) une poursuite du thème qui s'est imposé à moi de lui-même au fil de mes dernières lectures : l'art en littérature.


Ici, c'est de sculpture dont il est question puisque le personnage central n'est nul autre que Michelangelo, LE Michelangelo de Rome ! 

Autre coïncidence amusante, le fait que Léonor de Recondo structure son roman autour du souvenir et de la mémoire qui se manifestent à travers les 5 sens.

Dans le sable creusé par la mer,
L'enfant de ses mains douces
A déterré le coquillage.
L'approchant de son oreille,
Il espère retenir les vagues
et récolte l'écume d'un parfum.

Alors que ses pas le mènent
Au coeur de la montagne,
Il se laisse surprendre par Écho
Qui, la gorge déployée, 
Lui offre le chant du parfum :
Le rire de l'iris.

Du haut de son perchoir,
Il tombe sur le sol de son enfance.
La main si délicate
Lui parle d'aromates et d'amour.
Il l'entend, la sent, la goûte.
Quand la verra-t-il ?

L'enfant porté par sa joie
Dévale le chemin de pierres,
Il y abandonne peurs et jouets
Pour plonger dans l'étreinte chaude
De la robe adorée qui grave sur sa joue
Ses arabesques brodées.

La chevelure de pluie s'est défaite.
De l'orage naît l'espoir infini
D'un amour retrouvé
Qui s'arrache de l'oubli
Pour ressusciter la mémoire de l'enfant
Dans le coeur de l'homme.

Or, le souvenir et la mémoire sont actuellement dans mes préoccupations avec la lecture (un peu décevante) de Jeux de miroirs d'E.O Chirovici.


J'en viens finalement, après cette longue introduction, à ce roman que j'ai envie de qualifier de « petit bijou ». Je choisis cette appellation en raison de la finesse de ce livre d'une grande poésie. 

Un autre mot qui me vient à l'esprit est « perfection » qui s'applique à l'écriture de Léonor de Recondo dont chaque mot est mesuré et vient se placer exactement là où il doit être. 


De perfection il est également question au sein même de l'histoire puisque Michelangelo se rend à Carrare pour y trouver les blocs de marbre qui serviront à la réalisation du tombeau du pape Jules II.

Cette lecture m'a donc transportée en Toscane au 16ième siècle; ce fut une douce évasion dont j'aurais souhaité ne pas revenir si vite tant ce fut un moment harmonieux et apaisant.

mercredi 5 avril 2017

Les turbans de Venise de Nedim Gürsel

J'ai lu ce livre dans le cadre du :



Je ne pensais pas, en choisissant innocemment ce titre, faire un aussi long et beau voyage. Ce livre est un roman, mais c'est aussi, à mes yeux, un fabuleux manuel d'histoire de l'art. 

Le personnage principal est un professeur turc qui recherche dans les peintures vénitiennes toutes les apparitions « d'enturbannés » et les allusions à l'Empire Ottoman. C'est passionnant de visiter Venise sous cet angle, au fil des oeuvres que l'on y trouve, de leur genèse et de leur signification.

Des dizaines de tableaux sont ainsi décortiqués et je vais essayer de vous en présenter quelques-uns prochainement. 

Comme il fallait bien commencer quelque part, j'en ai choisi un premier que je vous présente aujourd'hui (aidée par mon complice JJD 😉) dans le petit film ci-dessous.

Bon visionnement ! 



Cette lecture vient aussi combler la colonne LIEU de ma deuxième ligne pour : 




samedi 25 mars 2017

Sur cette terre comme au ciel de Davide Enia


Impossible pour moi de parler de ce livre sans en dissocier la forme et le fond. J'ai été totalement et passionnément conquise par la première, j'ai aimé sans plus le second. 

Une famille palermitaine sur plusieurs générations, la guerre, la boxe, la mafia, les jeunes dans les rues, l'amour. Tout est là, rien ne manque, mais peut-être ai-je trop entendu de ce type d'histoires, je ne sais pas, en tout cas j'ai eu un sentiment de déjà lu, déjà vu, déjà entendu. 


Et pourtant... Et pourtant... Et pourtant, j'ai tourné les pages de ce livre à toute vitesse. Oui, je l'ai dévoré !  

Ce qui m'a ainsi emportée est le style de Davide Enia dans sa globalité et tout particulièrement la manière dont il écrit les dialogues : un pur bonheur, du grand art ! J'ai tellement ri par moment avec les répliques de Gerruso, ce mélange de lucidité et de naïveté. J'ai aussi à plusieurs reprises senti ma gorge se serrer.

Et puis, il y a la poésie, et pas seulement parce que le surnom de Davidù est « Poète ». Non, ici, c'est la poésie du quotidien, la poésie humaine, pas la poésie de salon. De la beauté brute, qui frappe fort, un uppercut de mots, victoire par K.O.   

« Tu sais ce que je voudrais ? Voler le froid de l'hiver, et comme ça, quand viendrait le sirocco, j'aurais toujours le frisson du vent sur la peau et un peu dans le coeur aussi. Dans les histoires, par contre, je voudrais me souvenir seulement de l'instant d'avant. L'instant avant de pêcher un poisson, l'instant avant de toucher un sein, l'instant avant de goûter une orange. Et après, si j'apprends à écrire, je ferai une histoire toute avec des « ne pas » : quand je ne suis pas parti, que je ne t'ai pas dit au revoir, que je ne suis pas allé ailleurs, que je ne travaillerais pas pour un patron et qu'il n'y a pas eu la fête sur la place et que je n'ai pas dansé (…). En tout cas, je cours plus vite que toi. (…) Et ils coururent ensemble, quittant l'enfance, l'un à côté de l'autre, pour la dernière fois de leur vie. »

« La main apprend le mouvement pour dessiner la voyelle, et le corps, par la répétition, apprend les mouvements de frappe et d'esquive. 

Tu veux dire que la main apprend ?

Le corps a sa propre intelligence. C'est une feuille sur laquelle on écrit.

Mmm, si tu le dis.

Tout est écriture.

Tout ?
Oui.
Même la pasta con le sarde ?
Oui.
Et les hanches des filles ?
Oui.
Et les attentats à la bombe ?
Oui.
Et ils écrivent quoi, ces mots de coups de poing et de feintes ?
L'histoire de ma famille. »


« C'est bizarre que nous, qui sommes sur une île, nous ne mettions pas nos morts sur des barques, la nuit, comme ça la mer les emporterait au loin et nous resterions à regarder les feux qui disparaissent à l'horizon de la vie.

- Les cimetières existent parce que savoir que le mort est dans un endroit précis, c'est une consolation.

- D'accord, mais quel autre endroit pourrait être plus précis que le coeur ? »


Je participe avec ce titre à une lecture commune avec Eimelle, Blandine, Martine, Paolina (et d'autres à venir) dans le cadre du :





vendredi 3 mars 2017

La mer couleur de vin de Leonardo Sciascia

Après un début de lecture enthousiasmant comme j'en parlais ici, j'ai peu à peu tourné les pages de moins en moins vite pour finalement être satisfaite d'arriver à la fin de ce recueil, car je commençais à m'ennuyer un peu.

  

Alors que les trois premiers textes sont de véritables histoires plutôt truculentes, la suite ressemble plus à une série de variations sur les thèmes de l'adultère, de la mafia, et de l'honneur. Il y a une forte connotation politique dans chaque nouvelle ainsi qu'une certaine érudition qui m'ont progressivement éloignée de ce livre. 

Certes, la plume de Leonardo Sciascia demeure vive et précise, mais la légèreté dont elle enveloppe les mots ne permet pas d'oublier la gravité des sujets évoqués. 

Je ne connaissais pas Leonardo Sciascia avant cette lecture et il me semble qu'en avoir su plus sur sa vie et ses convictions m'aurait sans doute aidée à mieux apprécier ce livre. Un rendez-vous manqué en somme. Si je dois  rencontrer de nouveau cet écrivain, je me préparerai mieux.   

J'ai lu ce livre dans le cadre du : 

Et cette lecture vient aussi combler la colonne ALIMENT/BOISSON de ma deuxième ligne pour :