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vendredi 7 septembre 2018

The blue guitar by Ann Ireland

Petit bonheur de lectrice : choisir un livre parce-que 

> son titre contient le mot GUITARE qui me permet de valider la colonne objet de ma première ligne du petit bac chez Enna



> l'histoire se déroule en bonne partie à Montréal (douce nostalgie 😉)

> sa couverture est toute jolie

et découvrir que ces raisons un peu futiles m'ont permis de découvrir un merveilleux roman et une excellente écrivaine qui bien que réputée m'était inconnue.

Au fil des pages du livre, nous suivons différentes personnes qui se rendent à Montréal pour un concours de guitare classique. Nous suivons bien sûr les participants, dont un en particulier (Toby), mais aussi les juges qui, de manière différente, doivent eux aussi faire face à bien des questionnements et des émotions fortes.

Entrer dans cet univers des guitaristes de haut niveau est fascinant et l'auteure nous livre juste assez de "petits secrets" sur la préparation de ces "athlètes" de la musique classique : regarder directement la lampe de la loge juste avant de monter sur scène pour ne pas être aveuglé(e) par les lumières dans l'auditorium, remplacer un ongle brisé par... un bout de balle de ping-pong ! On se sent privilégié(e)s d'être ainsi dans les coulissses d'un tel événement. 

Parallèlement à la musique, ce roman s'intéresse à toutes ces personnes venant d'horizons très différents et pour des raisons elles aussi très différentes, tous ces musiciens qui se rejoignent dans cette "bulle", sorte de prison dorée qu'ils ont choisie, mais au sein de laquelle ils vivent cependant des moments très difficiles.

À l'extérieur, la vie continue, le monde poursuit sa course folle, les familles s'intéressent plus ou moins, soutiennent un peu, questionnent souvent. 

Personne ne sortira indemne de ces quelques jours presque à huis-clos où ne semble compter que la musique, alors qu'en fait se joue tellement plus ! 

La vie, la musique, la sensibilité, l'expression artistique, la vulnérabilité, les rêves... et la réalité. Des thèmes forts abordés avec clairvoyance par une écrivaine subtile. J'ai aimé! 😊

mercredi 18 juillet 2018

Éblouissantes femmes noires

Lorsque j'étais enfant, je voulais être noire. J'avais d'ailleurs demandé à ma tante dont le mari est Ivoirien si en bronzant beaucoup, je pourrais un jour être aussi noire que lui. Elle m'avait répondu qu'elle en doutait, mais que je pouvais essayer.😊

Quelques décennies plus tard, ma peau est toujours aussi blanche et les femmes noires continuent toujours autant de me fasciner.

C'est donc tout naturellement que je leur consacre le billet d'aujourd'hui.

Tout d'abord, bien sûr, un petit mot sur la grande Nina Simone pour vous inviter à regarder le très beau film documentaire à son sujet :


J'ai visionné ce film il y a plus de deux mois je crois, mais il demeure dans mon esprit. Touchant, extrêmement touchant de découvrir comment cette femme qui incarnait la force même pour tant de gens, était en fait d'une fragilité immense et mal comprise. Le film la dévoile tout en la respectant. Une réussite. 

Viennent ensuite deux jeunes voix que j'écoute en boucle depuis plusieurs semaines. La première est malienne, la seconde ghanéenne. Leurs styles sont très différents : folk wassoulou pour la première et neo soul pour la seconde. Mais, toutes deux sont d'une beauté à couper le souffle et possèdent un talent tout aussi époustouflant. Jugez plutôt ! 

              

              

Enfin, un clin d'oeil à Alice Walker dont je viens de terminer le célèbre The Color Purple que l'on ne présente plus. 



Une petite chose à préciser toutefois pour celles et ceux qui souhaiteraient le lire en anglais : le parler est retranscrit tel quel et il m'a fallu quelques pages pour m'y habituer.

he fine somebody to marry 
he finds somebody to marry 

She ast me bout
She asks me about

I ast something non of my bidniss
I ask something non of my business

...

Ce livre est une succession de lettres entre Célie et Dieu, puis entre Célie et Nettie, ce qui me permet de participer au challenge de Aude.


Et son titre comporte le mot POURPRE, ce qui me permet d'avancer dans le challenge d'Enna en complétant la colonne couleur de ma première ligne.

dimanche 29 octobre 2017

Petite halte

Long time no see! Ainsi va la vie ! 😊

Je profite de cette journée off pour faire une petite pause, prendre des nouvelles, en donner, partager et papoter. Ces petits coins d'internet que l'on s'approprie sont autant de journaux plus ou moins intimes, de lounges où l'on vient se délasser, de conversations jadis téléphoniques que l'on poursuit ici... pour beaucoup moins cher!!!

Quoi de neuf, donc ?!?!

En lecture, je poursuis la lecture de Claudine à l'école de Colette.


Pour le moment (j'en suis à peu près à la moitié du livre), je suis un peu déçue. J'avais dans l'idée un roman hyper sulfureux, très cru et, pour le moment, il n'en est rien, c'est très «gentillet». Mais, j'imagine qu'à l'époque, oser parler ainsi d'homosexualité devait être une autre paire de manches. Cela m'amène à penser à la manière dont les moeurs ont évolué. Il reste certes un long chemin à parcourir en ce qui concerne les droits des homosexuels, mais lire un tel roman permet de constater que d'importantes avancées ont toutefois eu lieu et c'est une excellente nouvelle. 

Très récemment encore cependant, j'entendais ce discours absurde consistant à dire que l'homosexualité est « contre-nature » ! Je bondis à chaque fois que j'entends de telles niaiseries; l'homosexualité est partout présente dans la nature. 


Côté musique, j'explore ces temps-ci la musique country et je fais de bien belles découvertes en faisant tomber au passage quelques clichés sur cette culture des « cow-boys ».


             
             


Pour ce qui est de l'aspect visuel, j'aime m'évader cet automne dans l'univers de Yonat Katzir à qui j'ai acheté un tote bag après l'avoir découverte sur Etsy. Poésie, tendresse et nature forment sous ses plumes et ses pinceaux de bien belles images.


Et au travail, je viens de quitter tous ces gens-là avec qui nous avons tourné un film de George Erschbamer intitulé Muse

Si, si, cherchez bien, je suis sur la photo! 😊

Et je prépare désormais un film qui se déroulera dans le Brooklyn des années 40 : un paradis pour costumière !

Voili, voilou. C'est tout pour tout de suite. Je vous dis à très vite en vous souhaitant un merveilleux automne.

🎃🍁🍂🍁🍂🎃





lundi 12 juin 2017

Wherever Is Your Heart

Notre départ pour POCO se prépare de plus en plus activement et j'écoute en boucle ce titre de Brandi Carlile qui exprime EXACTEMENT le feeling qui m'habite en ce moment. Enjoy !



I think it's time we found a way back home
You lose so many things you love as you grow
I missed the days when I was just a kid
My fear became my shadow, I swear it did

Wherever is your heart I call home
Wherever is your heart I call home
Though your feet may take you far from me, I know
Wherever is your heart I call home

You made me feel like I was always falling
Always falling down without a place to land
Somewhere in the distance I heard you calling
Oh it hurts so bad to let go of your hand

Wherever is your heart I call home
Wherever is your heart I call home
Though your feet may take you far from me, I know
Wherever is your heart I call home

Even when you're high, you can get low
Even with your friends you love, you're still alone
We always find the darkest place to go
God forgive our minds, we were born to roam

Wherever is your heart I call home
Wherever is your heart I call home
Though your feet may take you far from me, I know
Wherever is your heart I call home

Oh God forgive my mind, oh God forgive my mind
When I come home, when I come home
Oh God forgive my mind
There's a road that's long and winding, it hollers home
I'm calling home

Oh God forgive my mind, oh God forgive my mind
When I come home, when I come home
Oh God forgive my mind, oh God forgive my mind
When I come home, when I come home

Wherever is your heart I call home
Wherever is your heart I call home
Though your feet may take you far from me, I know
Wherever is your heart I call home

Wherever is your heart I call home
Wherever is your heart I call home
Though your feet may take you far from me, I know
Wherever is your heart I call home


mardi 30 mai 2017

Norma de Vincenzo Bellini

Ma dernière contribution de ce mois de mai au


ne sera certes pas d'une grande originalité, mais...

que voulez-vous, je ne m'en lasse pas. Enjoy !

 (cliquez sur l'image pour que la magie opère!)


mercredi 1 février 2017

Le temps où nous chantions de Richard Powers

Impossible pour moi de débuter ce mois de l'histoire des Noirs par un autre titre que celui-ci. A ce jour, il demeure l'un des rares à côté duquel je me permets d'apposer le terme de chef-d'oeuvre

Cette lecture remonte à 2014 et le présent billet est une refonte de celui que j'avais écrit à l'époque sur un autre blogue. Replonger dans cette oeuvre aujourd'hui me permet de constater que rien n'a changé de l'intense émotion qui m'avait étreinte à l'époque. Je prédis que ce livre deviendra, avec le temps, un classique incontournable.



 

Les 700 pages de cet ouvrage magistral s'articulent autour du thème du tempo, du temps.

Le père, Da, est un scientifique cherchant à percer la fameuse question du temps, des instants, du futur, du passé, des boucles temporelles, du maintenant, du toujours.

La mère, Delia, est une femme noire qui défie le temps dans lequel elle vit, celui du mouvement des droits civiques aux États-unis. En avance sur son temps, elle unit sa vie à un homme blanc et propose au monde ses enfants métisses. Consciente cependant des enjeux en question, elle leur offre la musique et le chant comme protection.

« Nous avions trouvé refuge dans les salles de concert, en un sanctuaire qui nous protégeait du bruit véritable du monde. »

Les fils, Jonah et Joey, se consacrent pleinement à la musique et à son tempo qu'ils 
décortiquent jusqu'au moindre souffle.

La fille, Ruth (dont le nom prononcé Root signifie racines) permet à tous ces personnages de parvenir parfois à se retrouver, à s'accorder, le temps de donner quelques réponses... qui appellent inévitablement de nouvelles questions.
La musique occupe une grande place dans ce livre. A un tel point que je crois que ce livre est en fait lui-même une partition musicale.

Ce sentiment m'est venu dès les premiers chapitres, car ils avaient un rythme bien particulier. Ils commençaient tous de façon un peu floue donnant l'impression de ne pas savoir où ils allaient pour terminer de manière grandiose en des moments où ma gorge se nouait. Puis, cela recommençait tout doucement avec le chapitre suivant pour suivre la même construction.

Et ainsi, tout le livre s'est déroulé selon un schéma qui, j'en suis presque persuadée, était établi à la manière d'un morceau de musique pour finalement me laisser, après avoir tourné la dernière page, dans ce silence rempli des dernières ondes...

... où l'on ne sait pas si c'est vraiment terminé,
... où tout pourrait aussi bien recommencer,
... où l'on hésite à applaudir de peur de briser la magie,
... où l'on se rend compte que l'on vient de vivre quelque chose d'immense.




jeudi 27 octobre 2016

Oscar

Lui, c'est Oscar ! 


Ce n'est pas mon chat, juste un « visiteur » qui passe chez nous presque tous les jours. Nous ne savons rien de lui si ce n'est son nom inscrit sur sa médaille. Pourquoi ses propriétaires l'ont-ils appelé Oscar ? Nous ne le saurons sans doute jamais. Mais, avec ses couleurs de touches de piano, l'association s'est très vite faite dans mon esprit et chaque fois qu'il montre le bout de son nez noir et blanc, les notes surgissent dans mon esprit et... 


Ces derniers temps, pour des raisons professionnelles, le piano est venu prendre une place importante dans ma vie. De classique au début du projet sur lequel je travaille, il est devenu peu à peu plus jazzé. Pour mieux maîtriser mon sujet, je me suis tournée vers les livres et plus particulièrement vers celui-ci :


Je ne retiendrai pas ce titre pour son style qui n'a pas su me rejoindre et n'a pas été en mesure de bien transposer à mes yeux l'univers complexe d'un homme qui, toute sa vie, n'aura jamais pu être pleinement lui-même en raison d'influences trop nombreuses et trop intenses autour de lui (sa mère, son impresario...).  

Cependant, le contenu de ce petit bouquin qui relate la vie du « maharaja du piano » est fort intéressant. J'y ai par exemple découvert que cette légendaire photo 



qui semble incarner une grande complicité et reflétait pour moi « l'esprit » du jazz tel que j'aurais aimé le connaître à l'époque est en fait une exception. 

En effet, les deux génies étaient de grands rivaux et c'est, dans sa jeunesse, en découvrant la musique d'Art Tatum qu'Oscar Peterson songea pour la première fois au suicide. Plus tard, le grand Art s'amusa à plusieurs reprises à humilier son « collègue ». Ainsi, lors des funérailles d'Art Tatum, alors que sa veuve exprimait à Oscar Peterson le grand respect que celui-ci avait pour lui, le considérant comme son héritier, Oscar Peterson pour sa part pensait en lui-même que cette mort allait enfin lui laisser le champs libre !

La lecture de ce livre (que je pensais être un roman, mais qui tient plus de la biographie) me renvoie à un questionnement que j'ai déjà eu à plusieurs reprises : certes, de telles lectures rétablissent la vérité, mais ce faisant font souvent disparaître la magie véhiculée par ceux qui sont devenus des mythes. Ai-je envie de cela ? De laisser ainsi la vérité assombrir une idée que j'avais et qui toute fausse qu'elle était avait le mérite de toujours me faire rêver ?  

Je ne suis pas certaine de cela.

Qu'en est-il pour vous ? Lisez-vous des biographies ? Si oui, avez-vous aussi parfois ce sentiment de « trahison » ?