dimanche 2 décembre 2018

Le Petit Bac 2019

Le Petit Bac chez Enna, c'est reparti en 2019 ! 😀

Comme chaque année, j'ai préparé une liste de titres que j'envisage de lire. Et, comme chaque année, cette liste va changer, évoluer, se transformer au fil du temps et de mes envies. À la même époque l'année prochaine, elle sera très différente, riche d'une année complète de lecture, de découvertes littéraires et de moments passés au coeur des mots.

Pour le 
j'ai donc repéré :


PRÉNOM 
Quelques jours dans la vie de TOMAS Kusar d'Antoine Choplin
LIEU 
Seule VENISE de Claudie Gallay
ANIMAL 
Trois CHEVAUX d'Erri De Luca
OBJET
Les CERFS-VOLANTS de Romain Gary
COULEUR 
Le chien ROUGE de Philippe Ségur
PARTIE DU CORPS 
CANINES d'Anne Wiazemsky
MÉTIER
Le dernier GARDIEN d'Ellis Island de Gaëlle Josse
VÉGÉTAL
L'ARBRE-Monde de Richard Powers
LECTURE
Le LIVRE des brèves amours éternelles d'Andreï Makine (relecture)
ADJECTIF
FROIDES fleurs d'Avril d'Ismaïl Kadaré



Je suis prête!😊




mercredi 28 novembre 2018

Le petit Bonzi de Sorj Chalandon

Ça y est! J'ai lu mon premier Chalandon! 😊 Qui fut d'ailleurs aussi son premier à lui. Le tout premier d'une longue série. Et déjà, il avait reçu des prix pour ce titre-ci : Prix du premier roman de l'université d'Artois, Prix de l'École normale supérieure de Cachan, Prix du premier roman du Touquet.


Lorsque je lis un premiem roman, je m'amuse toujours à me demander si je l'aurais remarqué moi, ce tout premier essai d'un auteur alors méconnu. Et je dois dire ici que je ne suis pas certaine de ce que j'aurais dit ou pensé de Sorj Chalandon et de son petit Bonzi.

J'ai en effet trouvé quelques petites longueurs dans ce roman pourtant court. Rien de grave, mais des répétitions qui, je crois, n'apporte rien de majeur au texte. Je comprends ce que l'auteur a voulu faire avec la répétition des noms des élèves - un moyen de nous plonger dans ce microcosme qu'est une classe - mais parfois, cela m'a agacée.

Toutefois, ces petits détails n'ont pas empêché la découverte de ce qui, je crois, constitue toute la richesse de Sorj Chalandon : la poésie pure et sans fioritures de son écriture. 

Il a envie de pleurer. 
Pas de triste, juste pour dire le soir qui vient.
Page 82

Mon dernier paragraphe est dédié à Manu, le maître d'école de Jacques Rougeron dans Le petit Bonzi, et à ce qu'il choisit de faire pour son élève. Son geste m'a émue aux larmes. Non pas pour la catastrophe qu'il permet d'éviter, mais parce qu'il démontre à quel point cet homme est attentif à ses élèves, combien il a compris tout ce qu'ils vivent, tout ce qu'ils cachent, tout ce qu'ils ne savent pas exprimer, ne peuvent pas dire... et pas seulement parce que les mots leur manquent. 

L'enfance est un territoire tellement sauvage. S'y aventurer demande une capacité d'observation hors du commun. Sorj Chalandon via Manu nous démontre l'acuité de son regard.

Mon prochain Chalandon sera Une promesse. J'ai en effet décidé de lire ses livres dans l'ordre dans lequel il les a écrits. Pour grandir avec lui.


L'avis de l'expert 😊:

Anne a lu TOUS les livres de Sorj Chalandon!!! Et elle l'a aussi rencontré!!!! 
J'ajouterai le lien vers ses billets pour chaque lecture que je ferai des livres de ce grand écrivain. 

👩 
(clic, clic)

vendredi 16 novembre 2018

La blogo

La blogosphère, ce petit monde virtuel dans lequel je me suis aventurée il y a quelques années, m'a apporté de très belles choses, mais aussi quelques déceptions. Rien n'est parfait.

J'ai rencontré de merveilleuses personnes qui sont devenues de véritables amies > Et au moins, quand je déménage (ce qui m'arrive assez souvent!), je ne les perds pas de vue! 😀  

J'ai été agacée parfois par ces personnes qui laissent ouverts les commentaires mais ne répondent jamais. Je ne comprends simplement pas la logique derrière cette démarche. Pas grave. Juste agaçant.

J'ai débattu, discuté, défendu, accepté > Bref, j'ai grandi. 

J'ai déploré le départ de certaines, j'ai accueilli de nouvelles venues. J'ai été très active, moins active, irrégulière. Mais, je suis toujours là ! 😊

Et, bien sûr, à certains moments, je me suis demandée POURQUOI je tenais un blog. Selon l'humeur et les saisons, j'ai apporté différentes réponses à cette question. 

Mais, la prochaine fois que cette interrogation pointera le bout de son nez, j'aurai désormais une réponse toute prête à lui faire sous la forme de ce merveilleux message reçu il y a quelques jours :

Chère madame, 

Ou plutôt chère Marion... c'est mieux je crois!

J'espère que vous ne me trouverez pas trop familier.

Bref. Bonsoir!

C'est avec honte et remords que je vous écris, en rougissant un peu, comme il se doit.

Voilà presque deux ans que je veux/dois vous écrire. Ce retard est indécent et j'espère que vous me le pardonnerez.

Vous avez écrit, à la fin décembre 2016, si je ne m'abuse, un superbe article, un très beau texte sur mon roman. 

Vous lire m'a apporté beaucoup de joie, de plaisir. Bien plus que les articles des journaux, plus que ce qu'en on dit les critiques littéraires. Je ne me plains pas: je n'ai eu que du positif, ce qui parait-il est une chance, et une chance que j'ai appréciée.

Mais vous, vous m'avez vraiment lu. Et ça, ça n'a pas de prix. Je me suis senti compris, écouté... ou plutôt lu :-) Ce plaisir m'accompagne encore aujourd'hui, cette émotion est là quand je tente de finir mon prochain livre, que je doute, que je me dis "ça sert à quoi ce que je fais". Ça m'encourage. Je me souviens.

Mais je ne parle que de ma petite personne alors qu'au fond, ce qui m'a vraiment rendu heureux en vous lisant, en apprenant que vous m'aviez lu et comment vous m'aviez lu, c'est de sentir que mon roman, détaché de moi mais tellement lié à moi, avait été apprécié et compris. Mes livres, mes personnages, ce sont mes enfants de papier. Ils mènent une vie indépendante mais je voudrais les protéger, les expliquer. Je voudrais qu'on les aime pour ce qu'ils sont. Mais je ne peux pas faire grand chose, comme un vrai parent. Alors un texte comme le vôtre, c'est un vrai bonheur.

Votre appréciation des références culturelles, l'idée même que mon livre vous avait fait penser à votre fils, et aux interrogations par rapport à son avenir, tout ça m'a intéressé et apaisé. On confine tellement facilement les livres ou les expressions artistiques en général dans des cases dont ils ne peuvent se sortir qu'avec difficulté... 

Et la photo qui clos le texte... ah! :-)

Je vous remercie énormément, et surtout très sincèrement.

Mon message est un peu décousu je le crains mais il exprime une vraie reconnaissance, n'en doutez surtout pas.


mardi 13 novembre 2018

A busy year by Leo Lionni




Comme vous pouvez le voir ci-dessus, il ne manque qu'un seul titre pour compléter cette première ligne du Petit Bac d'Enna version 2018 et j'avoue que je peinais à trouver un livre adéquat. Mais ça, c'était avant de me retrouver dans la salle d'attente de l'optométriste de mon Théo (qui a décidé de troquer ses lunettes pour des lentilles!) et de dégoter au milieu des sempiternels magazines une petite perle signée Leo Lionni (qui fait sans aucun doute partie de mes auteurs jeunesse préférés).


A busy year raconte tout simplement la vie d'un arbre tout au long d'une année bien remplie. Ses amis, deux joyeuses souris, lui rendent régulièrement visite et découvrent les bons et les moins bons côtés du passage des saisons quand on est un arbre. Tendre et lucide, juste et poétique, Leo Lionni demeure fidèle à lui-même. 

Je me suis régalée et... grâce au mot YEAR... j'ai terminé ma première ligne!!!




Grazie mille Leo Lionni !


dimanche 11 novembre 2018

Tell the wolves I'm home by Carol Rifka Brunt

Il y a tant à dire sur le roman de Carol Rifka Brunt, son premier, que je ne sais par où commencer. 

Par moments, au cours de ma lecture, j'ai pensé au livre de Donna Tartt, Le chardonneret. À cause de la peinture, à cause de l'amour, à cause des relations entre différentes générations. À cause aussi de l'exploration minutieuse des sentiments, des sensations, des émotions que l'on veut cacher, mais qui nous dépassent bien souvent.



Ici, nous sommes à New York, pendant ce que l'on a appelé ultérieurement « Les années sida ». L'oncle de June vient de mourir, victime de la maladie. Toby, son partenaire, va se rapprocher de June et, tous deux, vont ensemble tenter de faire le deuil de Finn.

On ne peut pas tout présenter d'un livre dans un billet, et je choisis donc de vous parler plus particulièrement de June, cette adolescente un peu « à part ». June n'a pas encore totalement quitté l'enfance et continue de vivre dans « sa bulle ». Elle est un peu fantaisiste, parfois naïve, mais surtout... pure ! Elle n'a pas encore été complètement « formatée » pour tenir sa place dans la société.

Je dois dire que, si June existait vraiment, je souhaiterais de tout coeur qu'elle ne change pas. Je voudrais que toutes les Junes de ce monde puissent prendre la parole. Et oui, je me suis souvent identifiée à elle, oui, je suis « en marge » et je ne parviens pas toujours à bien comprendre la société. June, à mes yeux, incarne simplement le « bon sens ». Mais, de la même manière qu'elle doit se cacher de sa famille pour rendre visite à Toby, nous devons souvent nous obliger à nous taire, de peur d'être étiquetées : « immature », « utopiste », « gamine » ou encore « un peu simple », « ridicule » et... « malade ». 
©Valeria Hadida 
Ainsi donc, June pose son regard clair et sensible sur tout ce qui l'entoure, sans filtre, sans retenue.   

Le sexe, page 222 : 

I mean, why did sex have to be so important? Why couldn't people live together, spend their whole lives together, just because they liked each other's company? Just because they liked each other more than they liked anyone else in the whole world?

L'art, page 229 :

The first few were of abstract stuff. Shapes and colors. I didn't want to find them boring, but I did. I knew that if I were smarter, those would probably look like the best paintings in the world, but I am who I am and I want to tell the truth, and the truth is that I thought they were pretty boring.

L'amour, page 273 :

I thought of all the different kinds of love in the world. I could think of ten without even trying. The way parents love their kid, the way you love a puppy or chocolate ice cream or home or your favorite book or your sister, Or your uncle. There's those kinds of loves and then there's the other kind. The falling kind. Husband-and-wife love, girlfriend-and-boyfriend love, the way you love an actor in a movie.

J'ai envie de recommander ce livre, mais j'ai en même temps peur qu'il soit abîmé par des gens qui ne sauront pas le comprendre. Comme j'ai peur parfois de m'exprimer sincèrement et d'être mise à l'index de la société. 

Mais, si vous êtes ici aujourd'hui, dans mon petit coin d'internet, c'est que vous faites vous aussi sans doute un peu partie de cette famille des « pas tout à fait comme tout le monde » et que vous avez certainement en vous tout ce qu'il faut pour apprécier pleinement ce livre. Bonne lecture donc ! 😊 

Je participe avec cette lecture au : 
                                                             

dimanche 4 novembre 2018

Saperlipopette !

Fiou, nous sommes déjà en novembre !!! Que se passe-t-il ? Que s'est-il passé ? Voici quelques explications/idées/suggestions/partages dans ce petit coin d'internet un peu délaissé, mais que je ne me résoud pas à abandonner. 

Si je suis moins derrière mon ordi, c'est parce que je suis plus souvent en tournage. Et ça ressemble à ça :


Version glamour

et... version "behind the scene" !!!😁

Mon emploi du temps bien rempli ne m'a toutefois pas empêchée de me costumer pour Halloween :


Et de poursuivre ma lecture du très sensible (dans le sens d'un sujet malheureusement toujours un peu tabou, mais aussi et surtout pour la description d'émotions à fleur de peau) :


Et s'il m'arrive de ne pas avoir le temps de lire, je me rattrape dans l'autobus :


Et pendant ce temps-là, mon fils grandit vite, vite, vite, si vite !!! Et je tente de trouver le juste équilibre entre ses émotions et les miennes. Pas toujours facile, mais... on s'en sort plutôt bien. 😉


Voili, voilou. C'est tout pour tout de suite !
Bel automne à toutes et à tous !

🍁🍁🍁










dimanche 7 octobre 2018

Small great things by Jodi Picoult

Quel dommage ! Mais quel dommage ! Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi avoir ajouté ces dernières pages qui viennent tout ruiner ? Ce livre est tellement juste, précis, sobre. Et vlan, il faut que l'on nous colle pour terminer un "happy end" complètement inutile. Grrrrrrrrrr. 

Mais bon. Malgré ce faux pas de dernière minute, ce livre est vraiment remarquable dans la vision qu'il donne du racisme aux États-Unis. 



La forme est simple avec des chapitres séparés qui donnent chacun à leur tour la parole à :

*Ruth, l'infirmière noire accusée d'avoir tué un bébé;
*Turk, le suprémaciste blanc, père dudit bébé;
*Kennedy, l'avocate de Ruth.

Le fond se permet d'aller au-delà des "apparences" en laissant parler les émotions et les sentiments bruts. Jodi Picoult s'attarde aux détails qui changent la vision que chacun a des événements lorsque discutés en privé, même si le discours public demeure le même.

Comment Turk, cet être a priori immonde et intraitable, doute et évolue. Il n'y a aucune magie dans une telle transformatoin, juste des faits qui s'alignent et pèsent dans la balance, d'un côté ou de l'autre.

Comment Ruth, après plusieurs décennies, s'autorise à dire tout haut ce qu'elle pense tout bas. 

Comment Kennedy découvre la réalité cachée derrière les "beaux discours" anti-racistes.

Il s'agit de ma première rencontre avec l'écriture de Jodi Picoult et je suis ravie qu'elle ait eu lieu, car son rythme et sa fluidité m'ont permis de sortir (enfin!) non pas de ma "panne" de lecture, mais d'un "extrême ralentissement" qui sévit depuis déjà plusieurs mois. Ça fait du bien de dévorer un livre ! 😊



J'ai relevé de nombreuses phrases en cours de lecture, mais il y en a une qui m'a particulièrement touchée. Elle renvoit à ces "relations" que l'on a au travail ou dans nos activités et que l'on pense être des "amitiés" jusqu'au jour où les choses se compliquent un peu dans notre vie et où l'on constate où se trouvent les limites de ces partages et échanges.

"It's the difference between dancing along the eggshell crust of acquaintance and diving into the messy center of a relationship. It's not always perfect; it's not always pleasant - but because it is rooted in respect, it is unshakable."

« C'est la différence entre danser sur la lisière d'une accointance ou plonger dans le coeur un peu bordélique d'une relation. Ce n'est pas toujours parfait; ce n'est pas toujours plaisant - mais parce que ça prend racine dans le respect, c'est inébranlable. »

Je suis très heureuse d'annoncer que ce titre me permet de compléter la colonne MOT POSITIF de ma première ligne du 



Ma première ligne ressemble désormais à ceci :