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mercredi 18 juillet 2018

Éblouissantes femmes noires

Lorsque j'étais enfant, je voulais être noire. J'avais d'ailleurs demandé à ma tante dont le mari est Ivoirien si en bronzant beaucoup, je pourrais un jour être aussi noire que lui. Elle m'avait répondu qu'elle en doutait, mais que je pouvais essayer.😊

Quelques décennies plus tard, ma peau est toujours aussi blanche et les femmes noires continuent toujours autant de me fasciner.

C'est donc tout naturellement que je leur consacre le billet d'aujourd'hui.

Tout d'abord, bien sûr, un petit mot sur la grande Nina Simone pour vous inviter à regarder le très beau film documentaire à son sujet :


J'ai visionné ce film il y a plus de deux mois je crois, mais il demeure dans mon esprit. Touchant, extrêmement touchant de découvrir comment cette femme qui incarnait la force même pour tant de gens, était en fait d'une fragilité immense et mal comprise. Le film la dévoile tout en la respectant. Une réussite. 

Viennent ensuite deux jeunes voix que j'écoute en boucle depuis plusieurs semaines. La première est malienne, la seconde ghanéenne. Leurs styles sont très différents : folk wassoulou pour la première et neo soul pour la seconde. Mais, toutes deux sont d'une beauté à couper le souffle et possèdent un talent tout aussi époustouflant. Jugez plutôt ! 

              

              

Enfin, un clin d'oeil à Alice Walker dont je viens de terminer le célèbre The Color Purple que l'on ne présente plus. 



Une petite chose à préciser toutefois pour celles et ceux qui souhaiteraient le lire en anglais : le parler est retranscrit tel quel et il m'a fallu quelques pages pour m'y habituer.

he fine somebody to marry 
he finds somebody to marry 

She ast me bout
She asks me about

I ast something non of my bidniss
I ask something non of my business

...

Ce livre est une succession de lettres entre Célie et Dieu, puis entre Célie et Nettie, ce qui me permet de participer au challenge de Aude.


Et son titre comporte le mot POURPRE, ce qui me permet d'avancer dans le challenge d'Enna en complétant la colonne couleur de ma première ligne.

mardi 19 décembre 2017

Le vase où meurt cette verveine de Frédérique Martin

En refermant le livre de Frédérique Martin, j'ai du mal à me souvenir du moment où j'écrivais ces quelques lignes ci-dessous :


Les années qui s'accumulent sont au coeur du livre de Frédérique Martin que je lis actuellement.


Joseph et Zika, après des années de vie commune, sont séparés. L'un part chez leur fils, l'autre chez leur fille. Ils s'écrivent, se racontent, se souviennent, s'accompagnent, continuent de s'aimer. 

Au fil de ma lecture, je passe par différentes émotions allant d'une forme d'ennui parfois (devant certains détails relatés) à une véritable émotion (face à une tendresse pure et sincère) en passant aussi par des moments-miroir où je me questionne sur ma propre relation au temps qui passe. 

Quel sentiment l'emportera en fin de lecture? On verra.


Ces quelques paragraphes ont assurément été rédigés avant d'attaquer le dernier tiers du livre qui me laisse pratiquement sans voix.

Le seul conseil que je souhaite donner ici est le suivant : ne lisez pas ce livre avant les fêtes et encore moins pendant !

Effectivement, à quelques jours des fêtes de fin d'année où la famille est au coeur des pensées, (qu'on lui rende visite ou non, que l'on soit en chaud ou en froid avec elle, qu'elle nous manque ou pas, qu'elle soit réunie ou séparée) ce livre qui décortique les relations familiales et présente des personnages que la vieillesse désinhibe complètement, est bouleversant.

Ce qu'il y a de pire au sein de chaque être humain fait ici surface et c'est monstrueux. Il n'y a plus aucune retenue, plus aucun rempart, c'est abominablement cruel et sans pitié. Ça fait froid dans le dos. 

Attention, attention, attention durant les rencontres familiales à venir sous peu, attention aux petites phrases assassines et aux règlements de comptes « bien mérités ». Ce n'est pas « rien ». Ça peut faire énormément de dommages.


Remarque, quand je conseille de ne pas lire ce livre pendant les fêtes, après tout, c'est à chacun d'y voir. En effet, si l'on pense avoir une famille « horrible », lire ce livre permet de relativiser bien des choses.  

À souligner : la structure absolument remarquable du bouquin qui monte crescendo pour s'achever dans un silence atterré.

Saperlipopette, pour une dernière lecture de l'année, j'ai été gâtée !

Ce roman épistolaire me permet de participer une nouvelle fois au challenge de Blondie Madame :


Et le verbe mourir contenu dans le titre vient compléter la colonne MORT de ma troisième ligne du petit bac d'Enna :



lundi 17 juillet 2017

Etta and Otto and Russell and James by Emma Hooper

Il y a des livres qui arrivent comme ça dans nos vies de lectrices/lecteurs et qui laissent des traces que l'on sait déjà éternelles, et cela ne tient pas seulement à la « qualité » du livre, au fait qu'il soit « bon », mais au(x) moment(s) qu'il a accompagné(s) et magnifié(s).

Voici donc l'histoire de ma rencontre avec le petit monde d'Emma Hooper.

Afin d'optimiser mes lectures, j'aime bien dénicher des titres qui répondent à plusieurs challenges. Ce faisant, je trouve souvent des titres qui me sont totalement inconnus et j'aime me lancer dans ces découvertes aventureuses.

Ici, il me fallait donc trouver un titre avec un prénom pour combler la colonne correspondante de ma deuxième ligne du challenge d'Enna 



et un roman épistolaire afin de poursuivre ma participation au challenge de Aude. 


Les recherches furent longues et quand j'ai enfin réussi à trouver ce titre qui comporte non pas un mais quatre prénoms et qui contient des lettres, et que le tout existait en numérique, je n'ai pas osé lire le résumé, de peur d'avoir à tout recommencer.

Et la lecture a donc commencé... 


J'ai très vite constaté que l'histoire se déroulait au Canada... amusant ! 😊

Et qu'au fil des pages, j'allais suivre Etta, une femme... qui traverse le Canada ! 

Bon, l'identification s'arrête là puisque Etta a plus de 80 ans, qu'elle effectue le trajet dans l'autre sens en partant de la Saskatchewan et surtout qu'elle fait toute la route... à pied ! 

Mais... tout de même. 

Or, ce petit livre « écrit pour moi » n'avait pas fini de livrer ses secrets. 

Plus loin, j'ai découvert qu'Otto se découvre un hobby et qu'il fabrique toutes sortes de choses... en papier. Celles et ceux qui me suivent en peu se souviendront ici de mes petites créations à partir de livres recyclés. 






Otto, lui, recycle les journaux, mais... tout de même. 

Puis, il y a la relation entre Otto et Etta, inexplicable, inexpliquée, mais durable, forte et belle, même lorsqu'ils sont séparés par la guerre ou par un long voyage. JJ et moi n'avons pas connu la guerre, et notre séparation le temps du voyage entre le Québec et la Colombie Britannique n'a pas duré aussi longtemps que celle d'Etta et d'Otto, mais tout de même.

Et puis, il y a tous ces petits clin d'oeil qui agrémentent le livre et qu'on dirait tirés de ma propre vie :

His voice struggling to say so much, so fast, in a language not his own...

Là, vous imaginez combien depuis mon arrivée au BC, je connais chaque jour cette sensation lorsque je parle anglais !😉

Ou encore :

Is there a grocery store nearby ?

The attendant cocked his head and pointed at a sign taped to the cash register that read, EN FRANÇAIS S'IL VOUS PLAÎT. 

Which was how Etta realized she had made it to Québec.

Right, said Etta. Okay. Um... pouvez-vous dire moi où je trouverais une shoppe de grocerie ?

That's better, said the attendant, in English. I just like a little effort, you know ? So close to the border, it's easy to fell forgotten, you know ? So, thank you.

Petit dialogue qui résume à lui seul la situation du Québec francophone résistant face au géant anglophone et qui m'a beaucoup émue, me faisant soudain réaliser concrètement que je quittais la Belle Province qui fut mon « chez moi » pendant 15 ans.

Alors voilà, au final, je ne sais vraiment pas dire si ce livre est « bon » ou « mauvais » et s'il vous plaira à vous, chers lecteurs, chères lectrices, qui me lisez, car vous l'avez compris, ma relation avec les mots et les personnages d'Emma Hooper s'est avérée être vraiment très personnelle, mais... tout de même !  

samedi 22 avril 2017

Pietra viva de Léonor de Recondo

Je disais récemment que les livres me choisissent plus que le contraire et ici encore avec ce titre, cela se confirme. Choisi initialement pour répondre aux deux premiers challenges auxquels je participe :



et

(Colonne Objet de ma deuxième ligne)

il s'est avéré que, dans ce roman, le personnage principal écrit plusieurs lettres à un moine pour tenter de comprendre la mort d'un homme. Ce titre me permet donc de poursuivre également mon troisième challenge :



Mais, les choses vont au-delà de ça, car ce livre est aussi (par le plus grand des hasards puisque je ne lis pas les résumés avant de commencer mes lectures) une poursuite du thème qui s'est imposé à moi de lui-même au fil de mes dernières lectures : l'art en littérature.


Ici, c'est de sculpture dont il est question puisque le personnage central n'est nul autre que Michelangelo, LE Michelangelo de Rome ! 

Autre coïncidence amusante, le fait que Léonor de Recondo structure son roman autour du souvenir et de la mémoire qui se manifestent à travers les 5 sens.

Dans le sable creusé par la mer,
L'enfant de ses mains douces
A déterré le coquillage.
L'approchant de son oreille,
Il espère retenir les vagues
et récolte l'écume d'un parfum.

Alors que ses pas le mènent
Au coeur de la montagne,
Il se laisse surprendre par Écho
Qui, la gorge déployée, 
Lui offre le chant du parfum :
Le rire de l'iris.

Du haut de son perchoir,
Il tombe sur le sol de son enfance.
La main si délicate
Lui parle d'aromates et d'amour.
Il l'entend, la sent, la goûte.
Quand la verra-t-il ?

L'enfant porté par sa joie
Dévale le chemin de pierres,
Il y abandonne peurs et jouets
Pour plonger dans l'étreinte chaude
De la robe adorée qui grave sur sa joue
Ses arabesques brodées.

La chevelure de pluie s'est défaite.
De l'orage naît l'espoir infini
D'un amour retrouvé
Qui s'arrache de l'oubli
Pour ressusciter la mémoire de l'enfant
Dans le coeur de l'homme.

Or, le souvenir et la mémoire sont actuellement dans mes préoccupations avec la lecture (un peu décevante) de Jeux de miroirs d'E.O Chirovici.


J'en viens finalement, après cette longue introduction, à ce roman que j'ai envie de qualifier de « petit bijou ». Je choisis cette appellation en raison de la finesse de ce livre d'une grande poésie. 

Un autre mot qui me vient à l'esprit est « perfection » qui s'applique à l'écriture de Léonor de Recondo dont chaque mot est mesuré et vient se placer exactement là où il doit être. 


De perfection il est également question au sein même de l'histoire puisque Michelangelo se rend à Carrare pour y trouver les blocs de marbre qui serviront à la réalisation du tombeau du pape Jules II.

Cette lecture m'a donc transportée en Toscane au 16ième siècle; ce fut une douce évasion dont j'aurais souhaité ne pas revenir si vite tant ce fut un moment harmonieux et apaisant.

lundi 27 février 2017

33, chemin de la Baleine de Myriam Beaudoin

J'ai beaucoup réfléchi à la manière de parler de ce livre :



et ma conclusion est qu'il est impossible de le faire sans risquer de dévoiler des éléments qui pourraient gâcher votre plaisir de lecture. Sachez donc seulement qu'il s'agit d'un homme qui lit des lettres à une femme âgée à qui il rend visite dans une maison de retraite. C'est d'ailleurs la présence de ces lettres qui me permet de participer au challenge suivant : 


Parlant de challenge, précisons aussi que j'ai choisi de lire ce livre, car il correspond à la colonne ANIMAL de ma première ligne pour le challenge d'Enna :

Ce roman a donc été pour moi une découverte totale de l'écriture de Myriam Beaudoin. Et VLAN ! C'est pour ça que j'aime les challenges : on choisit un titre pour une raison totalement futile et BADABOUM, on se prend une claque magistrale. 

En effet, depuis que j'ai refermé le livre, je ne cesse de me demander : mais, a-t-il vraiment existé cet Onil ? L'univers créé par l'écrivaine semble si « vrai » que j'ai été vérifier si certains éléments existaient bel et bien. On sait que les auteurs mélangent un peu de vérité, de fiction, des faits réels, des lieux et des personnes créés de toutes pièces. Mais ici, tout est tellement concret (bien que non conforme à la réalité), que c'en est troublant et... j'ai donc entrepris quelques recherches.

Ce qui suit paraîtra peut-être saugrenu à certains, mais je rêve désormais de rencontrer Myriam Beaudoin pour savoir si je n'ai pas juste un tout petit peu raison, car, je crois que derrière Onil Lenoir se cache un portrait en pointillé de... Claude Jasmin !


> Le personnage d'Éva serait peut-être même une forme de réponse à celui d'Anita, la fille numérotée, le judaïsme de l'une étant remplacé par le catholicisme de l'autre, mais l'intensité de la ferveur étant la même (je me demandais aussi pendant ma lecture pourquoi toutes ces prières nous étaient expliquées en détail !). Et les trames narratives des deux livres se croisent dès lors subtilement.

> Et puis, l'auteure fait mention des yeux d'Elsa quand l'écrivain évoque Aragon. 

> Il y a aussi Lise, un prénom tout de même assez proche de Louise, non ?

Tout ceci va un peu plus loin je trouve que de remplacer Le Cercle du Livre de France par la Nouvelle École Littéraire de Montréal ou Pleure pas, Germaine par Viens danser, Liette. Et cela me fascine.

Je n'arrive pas à m'ôter cette idée de la tête. Je continue sans cesse de me demander : Est-ce lui ? Et j'espère qu'arriveront vite les réponses à mes questions... (attention, un paragraphe peut en cacher un autre !!! 😉)

En tout cas et quoi qu'il en soit, Myriam Beaudoin a toute mon admiration pour la puissance de son écriture. J'ai presque peur de lire ses autres livres me demandant s'ils seront à la hauteur de celui-ci.