mercredi 1 février 2017

Le temps où nous chantions de Richard Powers

Impossible pour moi de débuter ce mois de l'histoire des Noirs par un autre titre que celui-ci. A ce jour, il demeure l'un des rares à côté duquel je me permets d'apposer le terme de chef-d'oeuvre. 

Cette lecture remonte à 2014 et le présent billet est une refonte de celui que j'avais écrit à l'époque sur un autre blogue. Replonger dans cette oeuvre aujourd'hui me permet de constater que rien n'a changé de l'intense émotion qui m'avait étreinte à l'époque. Je prédis que ce livre deviendra, avec le temps, un classique incontournable.



 

Les 700 pages de cet ouvrage magistral s'articulent autour du thème du tempo, du temps.

Le père, Da, est un scientifique cherchant à percer la fameuse question du temps, des instants, du futur, du passé, des boucles temporelles, du maintenant, du toujours.

La mère, Delia, est une femme noire qui défie le temps dans lequel elle vit, celui du mouvement des droits civiques aux États-unis. En avance sur son temps, elle unit sa vie à un homme blanc et propose au monde ses enfants métisses. Consciente cependant des enjeux en question, elle leur offre la musique et le chant comme protection.

« Nous avions trouvé refuge dans les salles de concert, en un sanctuaire qui nous protégeait du bruit véritable du monde. »

Les fils, Jonah et Joey, se consacrent pleinement à la musique et à son tempo qu'ils 
décortiquent jusqu'au moindre souffle.

La fille, Ruth (dont le nom prononcé Root signifie racines) permet à tous ces personnages de parvenir parfois à se retrouver, à s'accorder, le temps de donner quelques réponses... qui appellent inévitablement de nouvelles questions.
La musique occupe une grande place dans ce livre. A un tel point que je crois que ce livre est en fait lui-même une partition musicale.

Ce sentiment m'est venu dès les premiers chapitres, car ils avaient un rythme bien particulier. Ils commençaient tous de façon un peu floue donnant l'impression de ne pas savoir où ils allaient pour terminer de manière grandiose en des moments où ma gorge se nouait. Puis, cela recommençait tout doucement avec le chapitre suivant pour suivre la même construction.

Et ainsi, tout le livre s'est déroulé selon un schéma qui, j'en suis presque persuadée, était établi à la manière d'un morceau de musique pour finalement me laisser, après avoir tourné la dernière page, dans ce silence rempli des dernières ondes...

... où l'on ne sait pas si c'est vraiment terminé,
... où tout pourrait aussi bien recommencer,
... où l'on hésite à applaudir de peur de briser la magie,
... où l'on se rend compte que l'on vient de vivre quelque chose d'immense.




lundi 30 janvier 2017

Il Viaggio

Alors que se profile pour nous à l'horizon de 2018 un déménagement en Italie (le pourquoi, le comment et tutti quanti seront expliqués en privé aux personnes intéressées ;-) ), je me tourne tout naturellement vers les livres pour préparer cette aventure. 

Et je rejoins donc le :



En février, pour la halte à Venise, je vais (esssayer de) lire :


Et en mars, je vais (essayer de) rejoindre les autres voyageurs-lecteurs en Sicile avec :


D'ici là, tel qu'annoncé dans mon précédent billet, la place va être faite durant tout le mois de février à des publications en lien avec le mois de l'histoire des noirs. Ça commence mercredi ! Stay tuned !








samedi 28 janvier 2017

Âme graphique : février 2017



Âme graphique est un rendez-vous mensuel initié par Sabine du Petit carré jaune.

Pour l'an neuf, Sabine a passé le relais à Martine de Lectures (et plus).

Je vais poursuivre en février cette chaîne de mots et de photos avant de passer à mon tour le relais le mois suivant à une autre personne. 

J'ai choisi d'être l'hôte de cette activité ce mois-ci pour plusieurs raisons :

*La première étant que le mois de février est le moins occupé de l'année pour moi. Ensuite, la course folle reprendra. C'était donc now or never ! :-)

*La seconde est que je pense être la seule participante « hors Europe » et j'aime cette idée de faire ainsi voyager les belles rencontres et les moments de partage.

*And last but not least, j'avais déjà une idée de mot ! :) 

En effet, dans quelques jours débutera partout en Amérique du Nord, le mois de l'histoire des Noirs. 


Je vais à cette occasion publier uniquement des billets en lien avec ce thème (lectures actuelles ou plus anciennes, films et toute chose en lien avec l'histoire des Noirs) durant tout le mois de février. 

Et donc, le jeudi 23 février, je vous présenterai tout ce que le mot « NOIR » a inspiré aux âmes graphiques qui seront au rendez-vous.

Pour participer, c'est très simple :

1 - Vous prenez une photo illustrant pour vous le mot « Noir ». Bien sûr, toutes les interprétations sont possibles, pas uniquement celle que je suggère ici. 

2 -  Vous me faites parvenir votre photo (toute seule ou accompagnée d'un article) via le groupe Facebook de l'activité ou en ajoutant un lien vers votre blog dans les commentaires du billet que je publierai le 23 février (pas celui-ci, hein ! ;-) ).

C'est tout ! Je vous souhaite un très beau mois de février ! 

« Il n'existe pas un noir, mais des noirs. » 
Yves Saint-Laurent


samedi 21 janvier 2017

Gentils coquelicots


Je reprends ici les coquelicots déjà déposés sur ce blogue et j'en ajoute de nouveaux... 
simplement pour le plaisir de les admirer ! :) 




















mardi 17 janvier 2017

La boutique jaune de Jeanne Benameur

J'ai lu ce tout petit livre de 150 pages environ dans le cadre du challenge du petit bac d'Enna, car il y avait le mot JAUNE dans le titre et que cela correspondait donc à la catégorie COULEUR.




Il s'agit d'un roman jeunesse dans lequel toute la douceur et le regard bienveillant de Jeanne Benameur sont bien présents. Je n'ai pas été déçue par ces retrouvailles avec l'auteure après Profanes. 

                                                               

Mais, je ne peux m'empêcher, lorsque je lis ce genre de récit, de penser à tous les jeunes que je côtoie et de me demander s'il n'y a pas un décalage entre le monde décrit par ces auteurs... et la réalité. Cela semblera peut-être un brin pessimiste, mais... de nos jours, des jeunes de secondaire/collège (selon l'endroit du monde où vous vous trouvez) prendraient-ils vraiment le temps de caresser le bois des volets d'une vieille boutique et de se réjouir de voir un enfant danser avec des gouttes de pluie ? 

Peut-être... certains... mais d'autres ont bien d'autres « choses » à gérer... 

Alors qu'il est plein d'espoir, ce livre m'a pourtant donné un peu le bourdon. Il a été écrit en 2002 et j'ai l'impression que les 15 dernières années ont été assez redoutables pour notre société. 

Peut-être que je me trompe, peut-être que ce livre a toujours énormément de succès auprès des jeunes, peut-être que rien n'a changé de la soif d'aventures et de rencontres qu'ils ont et de la saine curiosité qui les pousse à découvrir le vaste monde. Peut-être que la poésie du quotidien continue d'habiter les rues.

Peut-être...   

dimanche 15 janvier 2017

Mexico by Josh Barkan

Ce livre est une réussite ! Il s'agit d'un recueil de nouvelles qui sont autant de portraits de personnes vivant à Mexico. Plutôt que de détailler chacun des récits, c'est à leur structure et celle du livre dans son ensemble que je veux m'arrêter, car c'est là que se trouve, à mes yeux, tout l'intérêt de ce livre de Josh Barkan. 


Tout d'abord, j'ai cru, vers le milieu du livre, abandonner ma lecture. Cela était dû au fait que je sentais une énorme pression sur mes épaules tant la « laideur » omniprésente et le sentiment d'impuissance face à elle sont décrits avec acuité. J'étouffais en quelque sorte face à cette atmosphère teintée de violence, peuplée de narco-trafiquants dans un pays comme livré à lui-même. 


In Mexico, everything is about excess...

In Mexico, there's usually a personal link, or nothing happens...

One thing about Mexico, it's impossible to send any mail...

... the judges were mostly bought down in Mexico...

To live in Mexico City, you have to pretend there aren't many dangers...

There's a Wild West attitude in Mexico, so if you do things like you know what you're doing, most people just let you do what you want...

Finding an « impartial judge » is even harder in Mexico...

The city is a web of punishment and obeying. I am only twelve, but even at that age I already know you obey or they do what they want.


Malgré les dernières phrases de chaque nouvelle qui tentent d'être un peu positives, l'optimisme n'était pas vraiment au rendez-vous et je refermai chaque fois le livre avec... l'envie de m'évader.

Mais tout ceci n'était bien sûr pas un hasard, l'auteur préparait tranquillement son lecteur à ce qui venait ensuite. En effet, seuls ceux capables de passer à travers toutes ces épreuves peuvent se rendre jusqu'aux deux derniers textes (The prison breakout et The escape from Mexico) et leur message essentiel :

I realize that for years and years, my reaction was always one of quiet outrage, of words of denouncement, of curiosity, of anger, of telling others in cafés and at my schools taht I was upset, but doing nothing. I did nothing.

Because isn't that what all those great writers, whom I admired so much, like Dostoyevsky, were trying to do, to change the world ? Weren't they trying to reflect the pain and torture of our existence back at us so we might take pause and choose to change our ways and reorganize who we were and how we decided to act ? 

After a while I realized that wasn't why Dostoyevsky and the others wrote, in any case. If they brought us to action, it wasn't because they were trying to get us to change our ways, it was a by-product of them simply creating life, and when we looked at life it made us see the need to make changes. If we saw the world as it truly is then t couldn't help but make us pause and reflect that we had to make personal changes, just as the characters always went in these nice arcs from ignorance to enlightenment, to epiphanies that caused them to change their ways.

It wasn't the knowing that was hard, it was the doing.

CQFD.

Je participe avec cette lecture au petit bac d'Enna, catégorie Lieu. 


jeudi 12 janvier 2017

Architecture

Je lis actuellement le livre de Josh Barkan intitulé Mexico.



J'en parlerai prochainement ici, mais je voulais déjà souligner les références qu'il fait à l'architecture.

Ainsi par exemple, pour décrire la coiffure d'une jeune femme dans une des nouvelles du recueil, il évoque... Frank Gehry !

She wears her hair with a lot of wavy curls that she's spent hours combing so they cascade one below the other in bountiful thick semicircles, frozen perfectly with lots of hairspray. If Frank Gehry were a hairstylist instead of an architect, this would be his kind of head of hair. 

Lorsqu'on visualise l'effet, l'impact est saisissant, non !?!? 😊



Et plus loin, il parle de Luis Barragan dont j'ai à cette occasion découvert les volumes et les couleurs qui m'ont laissée sans voix. WOW ! 


Et tout ceci m'a rappelé un superbe livre lu il y a quelques années et consacré à Frank Lloyd Wright : Les femmes de T.C. Boyle. 

Ce livre est un monument tant d'architecture, de littérature que de vie.
Le rythme que cette lecture impose est savoureux, invite à la réflexion, à la méditation presque. J'ai souvent eu envie de partir dans le Wisconsin, m'asseoir sur une colline, au bord d'un lac pour seulement profiter de la beauté et respirer, ralentir, vivre pleinement.

L'architecture, que je connais peu, est ici par ailleurs décrite dans son essence même, dans l'imagination, l'inspiration, l'alchimie qui se trouvent aux origines de tous les grands édifices, de toutes les évolutions architecturales.
Les femmes enfin qui sont partout. Différentes, vivantes, inspirantes, aimantes à leur façon propre.
Tout ceci est lié par une structure de roman audacieuse et totalement maîtrisée et porté par une écriture fluide, belle et riche.
Que demander de plus si ce n'est de connaître une vie aussi intense que celles décrites ici?