dimanche 15 janvier 2017

Mexico by Josh Barkan

Ce livre est une réussite ! Il s'agit d'un recueil de nouvelles qui sont autant de portraits de personnes vivant à Mexico. Plutôt que de détailler chacun des récits, c'est à leur structure et celle du livre dans son ensemble que je veux m'arrêter, car c'est là que se trouve, à mes yeux, tout l'intérêt de ce livre de Josh Barkan. 


Tout d'abord, j'ai cru, vers le milieu du livre, abandonner ma lecture. Cela était dû au fait que je sentais une énorme pression sur mes épaules tant la « laideur » omniprésente et le sentiment d'impuissance face à elle sont décrits avec acuité. J'étouffais en quelque sorte face à cette atmosphère teintée de violence, peuplée de narco-trafiquants dans un pays comme livré à lui-même. 


In Mexico, everything is about excess...

In Mexico, there's usually a personal link, or nothing happens...

One thing about Mexico, it's impossible to send any mail...

... the judges were mostly bought down in Mexico...

To live in Mexico City, you have to pretend there aren't many dangers...

There's a Wild West attitude in Mexico, so if you do things like you know what you're doing, most people just let you do what you want...

Finding an « impartial judge » is even harder in Mexico...

The city is a web of punishment and obeying. I am only twelve, but even at that age I already know you obey or they do what they want.


Malgré les dernières phrases de chaque nouvelle qui tentent d'être un peu positives, l'optimisme n'était pas vraiment au rendez-vous et je refermai chaque fois le livre avec... l'envie de m'évader.

Mais tout ceci n'était bien sûr pas un hasard, l'auteur préparait tranquillement son lecteur à ce qui venait ensuite. En effet, seuls ceux capables de passer à travers toutes ces épreuves peuvent se rendre jusqu'aux deux derniers textes (The prison breakout et The escape from Mexico) et leur message essentiel :

I realize that for years and years, my reaction was always one of quiet outrage, of words of denouncement, of curiosity, of anger, of telling others in cafés and at my schools taht I was upset, but doing nothing. I did nothing.

Because isn't that what all those great writers, whom I admired so much, like Dostoyevsky, were trying to do, to change the world ? Weren't they trying to reflect the pain and torture of our existence back at us so we might take pause and choose to change our ways and reorganize who we were and how we decided to act ? 

After a while I realized that wasn't why Dostoyevsky and the others wrote, in any case. If they brought us to action, it wasn't because they were trying to get us to change our ways, it was a by-product of them simply creating life, and when we looked at life it made us see the need to make changes. If we saw the world as it truly is then t couldn't help but make us pause and reflect that we had to make personal changes, just as the characters always went in these nice arcs from ignorance to enlightenment, to epiphanies that caused them to change their ways.

It wasn't the knowing that was hard, it was the doing.

CQFD.

Je participe avec cette lecture au petit bac d'Enna, catégorie Lieu. 


jeudi 12 janvier 2017

Architecture

Je lis actuellement le livre de Josh Barkan intitulé Mexico.



J'en parlerai prochainement ici, mais je voulais déjà souligner les références qu'il fait à l'architecture.

Ainsi par exemple, pour décrire la coiffure d'une jeune femme dans une des nouvelles du recueil, il évoque... Frank Gehry !

She wears her hair with a lot of wavy curls that she's spent hours combing so they cascade one below the other in bountiful thick semicircles, frozen perfectly with lots of hairspray. If Frank Gehry were a hairstylist instead of an architect, this would be his kind of head of hair. 

Lorsqu'on visualise l'effet, l'impact est saisissant, non !?!? 😊



Et plus loin, il parle de Luis Barragan dont j'ai à cette occasion découvert les volumes et les couleurs qui m'ont laissée sans voix. WOW ! 


Et tout ceci m'a rappelé un superbe livre lu il y a quelques années et consacré à Frank Lloyd Wright : Les femmes de T.C. Boyle. 

Ce livre est un monument tant d'architecture, de littérature que de vie.
Le rythme que cette lecture impose est savoureux, invite à la réflexion, à la méditation presque. J'ai souvent eu envie de partir dans le Wisconsin, m'asseoir sur une colline, au bord d'un lac pour seulement profiter de la beauté et respirer, ralentir, vivre pleinement.

L'architecture, que je connais peu, est ici par ailleurs décrite dans son essence même, dans l'imagination, l'inspiration, l'alchimie qui se trouvent aux origines de tous les grands édifices, de toutes les évolutions architecturales.
Les femmes enfin qui sont partout. Différentes, vivantes, inspirantes, aimantes à leur façon propre.
Tout ceci est lié par une structure de roman audacieuse et totalement maîtrisée et porté par une écriture fluide, belle et riche.
Que demander de plus si ce n'est de connaître une vie aussi intense que celles décrites ici?






jeudi 5 janvier 2017

Claudie Gallay


J'ai voulu profiter de la catégorie ALIMENT du challenge :

pour retrouver Claudie Gallay avec :


J'ai été un peu déçue. En effet, je n'ai pas retrouvé ici l'intensité qui m'avait bouleversée dans :


Ce livre est arrivé dans mes mains juste après « Nous étions le sel de la mer » de Roxanne Bouchard. Lors de la lecture des premiers chapitres, les similitudes entre les deux m'ont frappée.

Une jeune femme vient passer du temps dans un village et découvre le monde des travailleurs de l'endroit (les hommes de la mer chez Roxanne Bouchard, ceux de la montagne et de la forêt chez Claudie Gallay) en attendant de renouer avec son passé via son père /sa mère. Au cours de cette attente, les gens du village jouent chacun des rôles précis et le bar/restaurant fait office de quartier général où les messages sont transmis où les rencontres ont lieu.

Les similitudes étaient telles que je craignais de mélanger un peu les deux histoires.

Puis, là où l'écriture de Roxanne Bouchard avait été simplement agréable, celle de Claudie Gallay a été une révélation. 

Cette auteure possède une plume telle que je les aime, qui nous oblige à ralentir, qui prend le temps d'apposer de multiples petites touches pour que naisse finalement l'émotion, que la gorge se noue. Pour quelle raison ? Aucune en particulier, juste des sentiments qui se révèlent forts, parfois même plus grands que les personnages qui les abritent et souvent aussi que nous-même.
Je ne sais pas trop pourquoi cette fois-ci l'histoire de ce petit garçon dont la maison menace de tomber au fond d'un gouffre - comme le reste de sa vie - ne m'a pas touchée; peut-être est-ce parce que d'autres ont, mieux qu'ici à mon très humble avis, fait parler des enfants : Paule Noyart dans La nuit d'Ostende, Marie Clark dans Mes aventures d'apprenti chevalier presque entièrement raté, ou encore David Bouchet dans Soleil. Ou peut-être est-ce la poésie que le titre annonçait et que je n'ai pas su retrouver dans cette histoire qui m'a déroutée. Ou juste un mauvais timing. Qui sait ?

Mais bon, ce ne fut pas une lecture désagréable du tout, juste un peu en-deçà de mes attentes. Ce n'est pas grave, ce n'est que partie remise !

mardi 3 janvier 2017

Meeting with my brother by Yi Mun-yol

Dans la série « je comble mes lacunes lentement mais sûrement », je viens de découvrir Yi Mun-yol, célèbre écrivain coréen maintes fois primé, dont je n'avais absolument... jamais entendu parler ! Shame on me !

Tout d'abord et simplement pour le plaisir graphique, voici son nom en coréen : 

이문열

Je trouve ces caractères de toute beauté comme le roman que je viens de terminer : 



Il s'agit d'une novella, mais je crois qu'un classement dans les essais aurait été tout aussi pertinent. En effet, le voyage de ce professeur vivant en Corée du Sud et qui rend visite à son frère (qu'il n'a jamais vu auparavant) en Corée du Nord n'est ici que le prétexte à la transmission d'une culture (ou de deux, mais... les choses ne sont pas si simples) et à une réflexion sur la place de l'être humain tangible dans nos conceptions idéologiques.  

L'écriture limpide de Yi Mun-yol permet à des gens comme moi, n'ayant aucune connaissance de la Corée, de découvrir tout en douceur ce pays et ses traditions. Le passage expliquant la composition des prénoms des enfants d'une famille est superbe. Plus tard dans le livre, la confrontation des rituels funéraires du Nord et du Sud est aussi fort intéressante. 

Mais, ce qui fait la beauté de ce livre est ailleurs, dans sa portée universelle. Ce qui est dit ici à propos des deux Corées pourrait s'appliquer en de multiples autres lieux du monde et dans de très nombreuses familles également.   


Lors des retrouvailles, les frères cherchent d'abord à montrer qu'ils ont « réussi », qu'ils n'ont rien à envier à l'autre. Puis, vient ensuite la rivalité de l'appartenance (de qui le père était-il plus le père ?). C'est ensuite un échange de « clichés » sur leurs pays respectifs qui se produit, avant que la carapace ne commence à se fendiller et laisse voir une sensibilité commune.

Mais, personne ne baisse sa garde et chacun repart de son côté... sans se retourner ? Pour ces deux-là, c'est impossible, mais ce ne sera pas le cas d'une autre soeur. Peut-être a-t-elle simplement manqué de temps ou n'a-t-elle juste pas été « mise en présence » de son frère... 

C'est ce que je retiens de cette fabuleuse lecture : derrière chaque pensée, derrière chaque idée, plaçons un être humain bien concret pour voir si elle tient toujours. 

Cette lecture constitue ma première participation de l'année au 


dans la catégorie FAMILLE.


vendredi 30 décembre 2016

Dolce vita de Juan Joseph Ollu

C'est Sara, stagiaire chez Annika Parance, qui a eu l'idée de me faire parvenir ce service de presse et je la remercie sincèrement pour cela, car ce livre est arrivé à point nommé dans ma vie. Il y a des choses comme ça qui arrivent et pour lesquelles on dit simplement merci sans se poser plus de questions. 

Ce livre, le voici : 


Il m'a accompagnée durant plusieurs semaines, non pas parce qu'il était long à lire, mais parce que chaque nouvelle page lue donnait lieu à des réflexions, des pensées et des prises de notes dans un cahier. Dolce Vita détient d'ailleurs ici un record, celui des pages écrites en cours de lecture... 17 !

Avant de vous faire part de mes découvertes, je tiens à dire au lecteur que je suis la maman d'un garçon de 13 ans. Depuis quelques temps, je m'interroge sur la meilleure façon d'être à ses côtés durant la saison de sa vie où il va quitter l'enfance et son insouciance pour entrer dans la vie adulte et... tout ce qu'elle contient. J'ai trouvé beaucoup de réponses à mes questions dans le livre de Juan Joseph Ollu qui m'a permis de replonger dans cette saison lointaine, de me souvenir, de vibrer comme jadis et comme mon fils vibrera sous peu. 

Le livre de Juan Joseph Ollu en est un d'atmosphère et de sensations. Accessoirement, il y est question de sexualité, d'homosexualité, de bisexualité, mais ce n'est pas là le propos central, car comme le rappelle l'auteur, le sexe du partenaire est secondaire, le sentiment fort passe avant. 

Crédit :Monik Lanza photographe
En plus d'une écriture subtile qui enveloppe le lecteur, le prenant délicatement dans ses bras, Juan Joseph Ollu compose un univers. Oui, il le compose, il ne le crée pas comme certains autres le font. Lui, il juxtapose, colle, agence, enchaîne, harmonise des références littéraires, musicales et cinématographiques pour fabriquer un monde dans lequel il fait évoluer ses personnages empreints de ces cultures riches. 

Vous trouverez donc ci-après trois choses :

  1. Une liste de références qui peuvent servir de préambule ou de prolongement à la lecture de Dolce Vita;
  2. Une composition de mots, ceux qui appartiennent à la saison de la vie qu'on laisse derrière nous après 25 ans et qui se retrouvent ici dans ce livre pour nous rappeler que même si le monde change, la sensibilité humaine, elle, ne change pas.
  3. Une succession de citations relevées dans le livre qui, un peu à la manière d'une bande-annonce, vous emporteront dans le tourbillon de la dolce vita de Juan joseph Ollu et vous donneront assurément envie d'y goûter. 
Tout d'abord donc quelques films et livres cités au fil des pages de ce roman et qui contribuent à créer cette atmosphère que l'on ne quitte qu'à regret :

Bonjour tristesse & Un certain sourire de Françoise Sagan


La Dolce Vita de Federico Fellini


En l'absence des hommes de Philippe Besson



Ensuite, ces quelques mots tirés du livre et tout en désordre, un chaos qui illustre bien je crois cette saison de la vie... passionnante recherche de définitions ! 


Et enfin, la trame narrative de ce livre que nous offre Juan Joseph Ollu en même temps que son écriture, sa sensibilité et, je crois, un peu de sa vie. 

Tout commence tranquillement dans un lycée parisien, l'année du bac...

Toujours avoir un livre avec lui, ou plusieurs. Pour la littérature et les mots bien sûr, mais aussi comme portes de sortie ou possibilités de parenthèses, d'évasion et de fuite. Et le cinéma, influençant ses actions et sa déraison. 

La « drague » comme un jeu...

C'est peut-être cynique, mais je dois bien l'admettre : cela facilite les choses d'être, sans effort, agréable à regarder.

Les soirées...

Je jetai un coup d'oeil à mon portable : minuit et demi. Seulement. Et maintenant, quoi ? Tout sauf ce vide horrible, cette tristesse, cet ennui.

Et puis... le premier amour...

J'avais dix-huit ans, j'étais vivant, j'étais heureux tout à coup et il n'y avait rien d'autre.

La métamorphose...

Jusque là, tout m'avait paru tellement simple, évident. Et voilà qu'en si peu de temps, quelques semaines, des failles s'étaient ouvertes, et j'entrevoyais - à peine - un vide vertigineux, abyssal même, tout près, juste devant moi.

Les questions sans réponses immédiates...

Cette légèreté supposément inhérente à de tels moments, il me semblait pourtant la sentir, tout près de moi, mais elle s'écartait, inatteignable; aussitôt que je tentais de la saisir, de la vivre pleinement, elle m'échappait, remplacée par d'innombrables questions et là, tout au fond du coeur, une sorte de détresse latente, insaisissable elle aussi, mais bien présente.

Les attentes, les espoirs, les idéaux...

Non ! Non, plus de cet ennui, de cette crainte de la quiétude. Je voulais me sentir exister, me sentir à vif à chaque instant, désormais, toujours. 

Le romantisme...

Penser à toi, ça m'empêchera de m'ennuyer, comme je me suis toujours ennuyé avant de te connaître.

Les prises de conscience de soi-même...

La révélation que j'avais eue de moi-même et du monde, ainsi que de l'existence de cet être qui me torturait sans le vouloir m'avait sorti de ma désinvolture.

... et des autres...

Je ne savais pas encore qu'une existence tout entière ne suffit même pas pour cerner sa propre vérité sous tous ses aspects, dans tous ses états, à travers tous ses visages. Alors, celle d'un autre...

... de leurs propres failles...

Je découvrais la vie à travers lui et il trébuchait, ne savait plus comment avancer.

Puis, les espoirs...

Sur sa figure, un bref instant, je lus l'avenir dont je rêvais.

... les blessures...

Tout tenter. Ne rien laisser en suspens. Tout détruire, s'il le fallait. Cela valait mieux que ce désert vide, ce nulle part.

... et le début de toute une vie.

J'étais libre ! 

Crédit : Robert Jahns











mercredi 28 décembre 2016

Lumière

Pour la première fois, je participe ce mois-ci au rendez-vous du Petit Carré Jaune :



Le thème proposé est : Lumière.

Or, je cherchais depuis quelques temps déjà une occasion de vous parler de Maurice. C'est notre poisson. Il est arrivé chez nous il y a quelques semaines déjà pour les besoins d'un tournage et... il est resté là ! :)

Jamais n'aurions-nous pensé qu'une si petite bête dans un « bol d'eau » nous émerveillerait autant, qu'elle démontrerait une telle personnalité. Du coup, Maurice trône sur la table du salon/salle à manger/bureau ou comme on dit ici de la « pièce à vivre » (traduction quasi littérale du living-room anglais).

Maurice est superbe, mais le soir, lorsque l'on allume la petite lumière posée sur la table, là, c'est plus beau que tout, c'est... c'est... Bref, on l'aime notre Maurice et c'est donc lui la vedette de cette première participation !