samedi 17 décembre 2016

18 décembre

De nos jours, le 18 décembre est un jour comme les autres, la majorité des yeux étant plutôt tournés vers le 24 du même mois. 😉

Pourtant, en 1865, le 18 décembre fut une journée mémorable qui vit la promulgation du 13ième amendement et donc l'abolition de l'esclavage.

Pour tourner les yeux vers ce pan capital de l'histoire, j'ai choisi de visionner le film de Steven Spielberg : Lincoln. Je vous le conseille vivement, il permet d'avoir une très bonne idée du déroulement des événements et de la personnalité de Lincoln lui-même. Daniel Day-Lewis est magistral dans ce rôle. 



En guise de prologue, je vous invite aussi à (re)lire le splendide Catfish de Maurice Pommier dont je recopie ici l'article que je lui avais consacré sur un précédent blogue.

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L'esclavage... On en parle souvent comme d'un « fait » historique lointain, une pratique barbare désormais abolie. Cette abolition semblant autoriser peu à peu l'oubli. Certes, il existe peut-être moins d'esclaves de nos jours, mais il en existe toujours beaucoup trop. On pense, par exemple, aux enfants « restaveks » d'Haïti.


Le livre de Maurice Pommier présente l'esclavage aux États-Unis aux 17ième, 18ième et 19ieme siècles à travers l'histoire de Scipio Catfish.
Comment cet enfant des Antilles est arrivé aux États-Unis, comment il a été traité par les « Blancs-qui-tapent» dans une plantation, comment il fut élevé par un esclave venu d'Afrique portant le nom de Vieux George et protégé par un tonnelier anglais et comment finalement, des années plus tard, il est devenu un homme libre.

En plus d'être un témoin historique d'une grande éloquence, ce livre dégage une profonde humanité due, je crois, en grande partie à la qualité des illustrations. Leur magie réside dans le fait de transmettre des actes odieux et des souffrances multiples sans heurter, mais avec néanmoins une très grande intensité. Un équilibre parfait.




vendredi 16 décembre 2016

New York Stories (4, 5, & 6)

J'avance tranquillement dans la lecture de ce recueil qui me réserve toutes sortes de surprises.

Le quatrième texte s'intitule « By courier » de O. Henry et est tout simplement charmant ! 


A la suite d'une dispute, deux amoureux se trouvent chacun sur un banc différent dans le même parc. Le serviteur de l'homme va aller de l'un à l'autre porter des messages et des réponses pour que finalement les deux tourtereaux... Hou, là, là, chut, j'ai failli vous dire la fin de l'histoire. Lisez-le, c'est adorable.

Un petit point à préciser toutefois, l'auteur s'est amusé à reproduire l'accent très spécifique du serviteur ce qui a rendu ma lecture un peu laborieuse, mais ne l'a en rien gâchée. 


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Le cinquième texte a pour titre « The aunt and the sluggard » par P.G. Wodehouse.

Autant le dire tout de suite, je suis passée totalement à côté de ce texte que j'ai trouvé... pathétique et qui ne m'a pas du tout fait rire alors que c'était, je crois, son but.

Peut-être est-ce par ce que je manquais de contexte puisque les personnages principaux, Jeeves et Wooster, font l'objet d'une série de textes portés à l'écran.

Ou peut-être est-ce parce que New York y est dépeint comme un lieu de perdition et que cela m'a agacée. 

Je ne sais pas, mais une chose est certaine : je ne lirai pas la série !!! :) 

Voici cependant quelques illustrations dudit texte : 




et un lien vers la série : 



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Le sixième texte est de Willa Cather et s'appelle « Ardessa ».

L'histoire a lieu dans le milieu du travail et décrit l'ascension et la chute d'une assistante/secrétaire. J'ai beaucoup aimé l'écriture de Willa Cather pour sa capacité à recréer une atmosphère. Il y a par ailleurs beaucoup de personnages dans cette histoire et l'addition de ces deux aspects (l'atmosphère palpable et les nombreux personnages) m'a parfois donné l'impression d'être au théâtre ! :)

L'auteure a puisé dans sa propre expérience au sein du 


fameux pour ses « muckrakers », ces journalistes qui attaquaient l'establishment et dont Willa Cather faisait partie. Elle ne se gêne d'ailleurs pas pour dénoncer dans son texte incisif les travers du milieu du travail : privilèges, dress code, rivalités et... décisions prises par certains quand d'autres sont en congé... 

Un siècle s'est écoulé depuis la publication de ce texte, mais les choses ne me semblent pas avoir radicalement changées. Ceci me fait d'autant plus apprécier ma condition de travailleuse autonome ! :)

Je vous dis à très vite pour la suite.  
   


dimanche 11 décembre 2016

New York Stories (3) & Martin Scorsese

Le texte suivant du recueil « New York Stories » est intitulé « The Other Two » by Edith Wharton.


La trame narrative est la suivante : un homme rentre de lune de miel avec sa femme. Celle-ci a eu deux autres maris avant lui. Les circonstances (une enfant malade et des intérêts d'affaires communs) vont faire en sorte que les trois hommes vont être amenés à se rencontrer, tout d'abord « deux par deux », puis les trois ensemble et finalement avec « leur » femme. 


J'ai beaucoup aimé ce texte derrière lequel on sent la femme engagée, proche du féminisme, qui distille son message avec une remarquable subtilité. Grattant délicatement le vernis des conventions, Edith Wharton dresse un bilan de ce qui est gagné, ce qui est perdu et ce qui se transforme au fil des relations de couple. 

Sous le charme de ce court récit, j'ai eu envie de lire d'autres oeuvres de l'auteure et le premier titre qui est apparu a été « Le temps de l'innocence ». Sans vraiment savoir pourquoi, ce titre ne m'était pas inconnu... et pour cause, c'est celui d'un film de Martin Scorsese que je me suis empressée de regarder. 


Grandiose ! 

On y retrouve les thèmes mentionnés ci-dessus ainsi que le personnage d'une « femme libérée » incarnée par Michelle Pfeiffer et surtout, surtout, surtout, l'évocation de la puissance de l'amour, objet de tant de livres et de films, car toujours au coeur de nos vies, que l'on en soit pleinement conscients ou pas. 

Oui, l'amour ! Celui qui change la couleur des choses, celui qu'on ne peut pas cacher, celui qui nous fait respirer et peut aussi parfois nous couper le souffle. Le vrai, quoi !

JE SUIS UNE ROMANTIQUE ! :)

    

jeudi 8 décembre 2016

New York Stories (2)

Le second texte de ce recueil est très court; il s'agit de « Adventures of a novelist » de Stephen Crane. 


De manière claire et concise, l'auteur illustre à merveille le fait qu'il ne devrait pas y avoir en termes de justice « deux poids et deux mesures ». 

Écrit en 1896, ce texte est (malheureusement) encore totalement d'actualité. 

Citation

Apparently the united wisdom of the world declared that no man should do anything but throw his sense of justice to the winds in an affair of this description. « Let a man have a conscience for the daytime, » said the wisdom. « Let him have a conscience for the daytime, but it is idiocy for a man to have a conscience at 2:30 in the morning, in the case of an arrested prostitute. »


mardi 6 décembre 2016

New York Stories (1)

Ce livre (reçu de la part de NetGalley) est un recueil de textes ayant pour point commun la ville de New York. Un petit (1) est apparu près du titre de l'article, car je viens de terminer le premier texte : « Bartleby » de Hermann Melville. D'autres numéros suivront au fur et à mesure de ma lecture.



J'ai été ravie de retrouver l'écriture de Melville que j'avais découverte avec Moby Dick. La précision de chaque sentiment, la description de chaque détail, la construction minutieuse d'un univers, tout était là. 

J'ai toutefois trouvé cette lecture un peu ardue et... pesante. Non en raison de l'écriture, mais bien à cause de Bartleby lui-même. Quel étrange personnage ! Qui dans le même temps exaspère et charme tout à la fois. En refermant le livre, je ne savais plus quoi penser de cet homme marginal, entêté et seul. Le sentiment de malaise m'a poursuivie quelques jours et j'ai pensé que Melville avait voulu (ce qui était vraiment courageux pour l'époque) parler de maladie mentale. Pour moi, Bartleby était finalement une sorte de schizophrène. 

Cependant, la référence à la toute fin du récit au Dead Letter Office m'a mis la puce à l'oreille. Ne s'agissait-il pas plutôt de dénoncer un système sociétal ? De pointer du doigt les dommages causés par certains emplois sur l'être humain ?



J'ai alors effectué quelques recherches et voici ce que j'ai découvert.    

Bartleby serait en effet une illustration de la théorie de « l'antipouvoir » qui s'articule autour de la stratégie de la fuite selon laquelle il faut combattre l'État indirectement plutôt que de manière frontal. 



Par ailleurs, Bartleby aurait grandement inspiré le mouvement littéraire de l'absurde (qui a vu le jour au cours de la seconde guerre mondiale) dont fait partie l'inoubliable livre de Camus : « L'étranger ». Et oui, en effet, le silence dans lequel se mure Bartleby a de nombreux points communs avec celui qui enveloppe Meursault dans le livre de Camus. 

Au moment de la rédaction de sa nouvelle en 1853, Melville était donc vraiment en avance sur son temps !  

vendredi 2 décembre 2016

Le petit bac chez Enna

Je ne sais pas si vous avez déjà joué au Petit Bac lorsque vous étiez enfant ou avec vos enfants ou les deux... moi, oui ! Et j'adore ça. 

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, voici le principe :


  1.  Sur des feuilles de papiers, tracer des colonnes en indiquant des catégories (les plus fréquentes sont : Prénom, Animal, Pays, Couleur, Fruit... mais on peut en inventer à l'infini.)
  2. Déterminer une lettre (soit en ouvrant une page du dictionnaire au hasard ou en faisant réciter l'alphabet à quelqu'un dans sa tête et en l'arrêtant à un moment donné, ...).
  3. Chacun a alors une minute (ou plus selon l'âge des participants) pour trouver un mot commençant par la lettre retenue dans chacune des catégories. 
  4. Compter les points (là, c'est une autre histoire et les « règles » varient souvent... ) 
C'est tout ! Et ça peut durer des heures ! :) C'est un passe-temps vraiment amusant... et qui permet souvent d'apprendre des choses !  

Chaque année, Enna organise un Challenge Petit Bac sur son blogue. 

Selon le principe du jeu ci-dessus, nous lisons donc des livres qui correspondent à des catégories. Tiguidou !

J'ai décidé de participer. 

Voici les titres que je lirai pour remplir ma première ligne : 

Prénom

Lieu
Mexico by Josh Barkan (déniché sur NetGalley)

Couleur
La boutique jaune de Jeanne Benameur (car je voulais relire cette auteure dont j'ai beaucoup aimé Profanes - mais je ne bloguais plus à ce moment-là, donc je crois qu'il n'y a aucune trace nulle part de ma lecture)

Animal
33 chemin de la baleine de Myriam Beaudoin (c'est un coup de coeur de Suzanne, alors...)

Objet

Sport/Loisir

Personne connue

Aliment/Boisson

Famille

Mort

J'aime beaucoup ce challenge et la préparation de la liste; cela m'oblige à me demander quels sont les livres que j'ai VRAIMENT envie de lire. Je me suis aperçue que j'avais souvent des envies qui disparaissaient ensuite dans le flot du quotidien et des sollicitations de lecture. Voici une belle occasion d'y revenir et, par ailleurs, de faire de nouvelles découvertes puisque certains titres ne sont choisis que parce qu'il comporte un mot précis dans leur titre !

lundi 28 novembre 2016

Terry Waite

Peut-être avez-vous remarqué l'apparition, il y a quelques jours, d'un badge sur le côté de mon blogue :


Professional Reader

Il s'agit d'une communauté de lecteurs (anglophones) que j'ai choisi de rejoindre afin de découvrir de nouveaux auteurs (anglophones).

Le premier livre qui a attiré mon attention l'a fait simplement parce que sa couverture me plaisait. Rien de plus... au départ. 



Il s'est avéré que ce paysage se trouve en Nouvelle Zélande où l'auteur s'est retiré quelques temps afin de colliger mémoires, poèmes et réflexions. 


En découvrant la vie de cet homme, j'ai eu honte d'avoir vécue la mienne sans jamais avoir eu l'occasion de le connaître jusqu'à ce jour et la lecture de son livre. J'ai été soulagée de lire que lui, pour sa part, n'avait pas su pendant longtemps qui était l'Abbé Pierre. Nous étions quittes ! :) 


De retour au texte, j'invite toute personne se sentant pleinement appartenir au monde actuel, à prendre connaissances des réflexions de Terry Waite. Sur un mode empreint d'une grande simplicité, l'auteur abord des thèmes fondamentaux : 
> les croyances; 
>la colère;
>l'empathie; 
>la mort; 
>les relations; 
>la passion. 

Je crois que l'auteur a lui-même eu un grand besoin de prendre le temps de ce bilan et le contenu de ce petit livre aurait donc pu être très personnel, trop intime. Il n'en est rien, car, Terry Waite a ce talent de savoir se placer juste au bon endroit pour que sa présence embellisse notre paysage sans rien en cacher. Son écriture est toute en discrétion et partant de lui au début, il parvient à nous questionner subtilement sans rien brusquer.

Chacun de ses poèmes bénéficie d'un chapitre entier qui tout doucement nous y amène. Rarement la poésie n'aura su ainsi me parler.

Au fil de ma lecture, j'ai remarqué un détail : les corridors. Ils reviennent souvent dans les images partagées par l'auteur : corridor d'une maison de retraite, corridors dans lesquels on s'égare. J'ignore à quoi ressemblait le lieu de sa détention, mais de longs corridors devaient y figurer.

Pour rassembler mes impressions à la lecture de ce livre, un mot me vient à l'esprit : sagesse.

C'est un privilège de pouvoir bénéficier des propos de Terry Waite tranquillement chez nous, de pouvoir les absorber un à un en prenant le temps d'en saisir tout le sens. N'hésitez pas.

D'ici là, je vous en livre un fragment qui m'a particulièrement touchée :



ANGER

Anger rages
Like a consuming fire,
Destroying all
That would impede
Its relentless pathway.

Do not extinguish
The flames totally.
Calm them.
And warm yourself
By the gentle glow
Of the embers.