jeudi 23 février 2017

ÂmeGraphique février 2017 - Toutes les interprétations du mot NOIR !

La toute première à nous avoir livré sonfut Ritournelle et même après tout ce temps, je me demande encore comment il se peut que la voiture à droite de l'image qui roule en pleine nuit soit nette !!! C'est du grand art !

 Puis, ce fut à mon tour de publier ma contribution entre art et... gourmandise :



Oh j'y pense, je n'ai pas été la seule gourmande ce mois-ci. La photo de Manika me permet de déculpabiliser 😉

Et il y a même des jours où on prend le petit carré de chocolat noir avec un bon café noir. Mmmmmm. Après ça, il se peut qu'on ne dorme pas, mais on s'en fiche, on a plein de livres à lire !

Pour ce faire, on peut comme Laetitia, se retirer dans une petite cachette 😉 :



Ou (re)lire NoireClaire de Christian Bobin comme nous le suggère Sabine dont la photo annonce la venue de la fin de journée : 

A peu près à la même heure, mais dans un autre lieu, Christine contemple elle aussi la fin du jour :

Prendre une photo presque au même moment, voici un concept qui ne peut me faire penser qu'à une seule personne... Enna ! Connaissez-vous son rendez-vous ? Le prochain, c'est le 3 du 3 à 3h3.😉 Oui, Enna a souvent son appareil-photo/téléphone à la main, même quand elle va au cinéma et heureusement, car c'est une fois plongée dans le noir de la salle que son âme graphique s'est révélée : 




Mais, Enna n'était pas dans cette salle par hasard... elle venait découvrir l'histoire d'une femme noire dans le cadre du mois de l'histoire des noirs. Ah ben oui, elle est comme ça Enna : au début du mois, elle me dit : je crois que je ne participerai pas, je n'ai pas d'inspiration et TOC, 3 noirs plutôt qu'un ! Parlant de générosité, Blondie a elle aussi été grandement inspirée par le noir qui, chez elle, devient parures :  


 


Oh, les étoiles sont apparues, la nuit est donc arrivée. C'est une bonne nouvelle, car la belle lune ronde de Martine nous indique que le noir, c'est aussi l'amitié :


Le noir  ne nous a donc finalement pas fait peur du tout. Nous savons toutes très bien qu'après la nuit revient toujours le jour. Et c'est sur Stockholm qu'il se levait quand Gaëlle a pris cette superbe photo de la couronne d'or Royale Suédoise :
 

Cela tombait parfaitement bien, car j'avais vraiment envie de couronner l'une des participations de ce mois-ci qui m'a totalement émue, image et mots, c'est celle de Clodine :

Noir
Et voilà que le monde se casse 
qu'il fout le camp qu'il se barre en miettes brindilles
qu'il s'effrite qu'il dérive qu'il s'effondre
Demain il ne restera peut-être plus rien de lui
Au travers pourtant, la lumière.


MERCI À TOUTES

Je reprends ici le fil de mon histoire pour vous livrer deux autres noirs / 
Le premier compose la silhouette de Céline qui partait à la gare /
Chez Nathalie, une fougère dans la lumière devient une oeuvre-d'art /
Et je crois bien que ce sera tout pour ce soir. 😊






mercredi 22 février 2017

Noir

Ce mois-ci, le thème de 




de Sabine est le mot 

NOIR.

Pour l'addict que je suis, dès que le mot NOIR est prononcé, un autre surgit immédiatement dans mon esprit : CAFÉ.

Buvant plusieurs tasses par jour de ce délicieux liquide, la mission était simple pour moi et j'ai donc commencé à photographier dès le début du mois les multiples moments passés avec mon complice de chaque jour. 

Mais bon, une photo de café... ça ne casse pas trois pattes à un canard... en tout cas quand on a aussi peu de talent en la matière que moi. Parlant de talent, c'est là que le deuxième élément de ma photo est survenu, car, ELLE, du talent, elle en a ! 

Je voulais en effet parler ici, déjà depuis quelque temps, de Maria Aristidou, mais je ne savais pas comment le faire. L'AmeGraphique de ce mois-ci me permet donc de le faire et de vous présenter... celle qui peint avec du café noir. 

Elle est chypriote et il est possible de se procurer certaines de ses oeuvres via internet (personnellement, j'ai payé par PayPal (5 euros frais de port inclus) et le carnet est arrivé quelques jours plus tard en Amérique du Nord, cadeau pour mon chéri, fan de La Guerre des Étoiles vous l'aurez compris!).


À très vite pour découvrir les « Âmes Noires » 😉 de tous les participants ! 

mardi 21 février 2017

Hidden figures, a film by Theodore Melfi

Yes, yes, yes ! Trois fois YES ! Comme ces trois femmes extraordinaires ! Ce film est excellent. On passe par toutes les émotions et surtout, surtout, surtout, il redonne la place qu'elles méritent à Katherine Johnson, Dorothy Vaughn et Mary Jackson. Sans elle, la capsule de John Glenn n'aurait jamais décollé le 20 février 1962... ou ne serait jamais revenue sur terre ! 


"It's not because we wear skirts, 
it's because we wear glasses."

dimanche 19 février 2017

Le long voyage de Leonardo Sciascia


Pour ma seconde participation au rendez-vous de Martine : 



J'ai choisi une nouvelle extraite du livre de Leonardo Sciascia : 


Je ne résumerai pas le récit de ce long voyage, car ce serait tout en dévoiler, mais disons simplement qu'il s'agit de quelques personnages qui quittent l'Italie pour se rendre, chargés de leurs valises et de leurs espoirs, en Amérique.

Il s'agit de ma première rencontre avec Leonardo Sciascia et je suis sous le charme. Certaines plumes envoutent, d'autres interpellent, celle-ci charme de façon irrésistible. On suivrait cet auteur n'importe où... même sur un bateau en pleine mer pendant plus de 10 jours !

Le charme de Sciascia est dans la description de toutes les petites imperfections de ses personnages, toutes leurs petites manies, tous leurs tendres défauts.

Un peu à la manière dont les personnages de Michel Tremblay ne se rendent pas à Montréal, mais à Morial, ceux de Leonardo Sciascia rêvent du Nugiorsi (New Jersey), de Nuovaiorche (New York) et de retrouver leurs cousins à Brucchilin (Brooklyn).    

Une bien bonne nouvelle donc... de savoir qu'il me reste encore après celui-ci plein de livres de Sciascia à découvrir ! 😊   

jeudi 16 février 2017

Damoclès de Fatou Ndong

Pendant les premières pages, je n'étais pas certaine d'aimer ce livre. Le timing n'était pas bon. Après André Brink et Dominique Fortier, le manque de travail d'édition autour du livre de Fatou Ndong était trop évident à mes yeux de lectrice devenue très, et sans doute trop, exigeante. Coquilles et paronymes étaient un peu trop nombreux pour moi. 

Et pourtant... je ne suis pas prête d'oublier ce livre ! 


Je me suis permise de débuter ce billet par les très petits bémols que comporte cette publication pour renforcer encore plus ce que je souhaite en dire : 


CE LIVRE DOIT ÊTRE LU PAR LE PLUS GRAND NOMBRE. 


Les années 1962/1963 sont ici vues depuis Jackson au Mississippi à travers les yeux des jeunes de la ville. 

Comme tous les jeunes, ils se retrouvent au café pour discuter, comme tous les jeunes, ils connaissent les premiers et si forts sentiments amoureux, comme tous les jeunes ils s'interrogent sur leur avenir, comme tous les jeunes, ils voient leurs parents évoluer dans la société et ne savent plus trop s'ils veulent leur ressembler ou pas. Comme tous les jeunes...

Mais bien sûr certains d'entre eux sont blancs et d'autres sont noirs. Cela change-t-il quelque chose ? 

Pas vraiment certains jours où, par exemple, tous doivent se rendre au bal des finissants et tous ont mis pour ce grand événement leur plus beaux habits.

Totalement à de nombreux autres moments, où l'épée de Damoclès se fait terriblement plus menaçante au-dessus de leurs têtes.

Statue de Medgar Evers à Jackson

Medgar Evers, Emmet Till, Martin Luther King, tous sont évoqués ici par l'auteure de manière simple, documentée et percutante. J'ai parfois posé le livre le temps de reprendre mon souffle tant l'impact me renversait.

La fin du roman arrivant, on se dit qu'il restera gravé dans notre mémoire et qu'il est un document essentiel pour continuer de parler de cette période « de l'histoire » qui doit être évoquée, transmise, pour ne jamais être oubliée.

Et puis, il y a un dernier nom que Fatou Ndong mentionne à la toute fin, en épilogue... James Anderson Craig... c'était aussi à Jackson... en 2011.


Les détails de l'affaire se trouvent ici.

... a crime they thought was in Mississippi's past: the murder of a man just because he was black.

Merci Fatou Ndong du fond du coeur pour ce livre qui, je le redis ici,
doit être lu par le plus grand nombre. Nous sommes l'histoire.

Cette lecture correspond à la colonne PERSONNE CONNUE de ma première ligne pour ma participation au :


mardi 14 février 2017

De la peinture plein la toile !

Depuis quelques jours, la peinture s'est invitée dans mes pensées et mes journées.  

Tout a commencé avec la lecture des premiers chapitres du livre de Nedim Gürsel, Les turbans de Venise que je lis dans le cadre du challenge Il Viaggio et qui me permet de (re)visiter Bellini, Veneziano ou encore Bernardino Di Betto.

Puis, de passage chez Une Comète pour jaser de T.C. Boyle, j'ai découvert une initiative qui me séduit énormément : répandre de la peinture partout sur la toile ! 😊

Le projet se déroulait initialement sur Facebook, mais nous étions un peu à l'étroit et nous voici donc sur toute la blogosphère. Le principe : une chaîne pour partager de la peinture partout sur internet !  

Une Comète m'a confié, pour mon grand bonheur, Henri Matisse et, sans doute un peu influencée par le livre de Nedim Gürsel, je me suis arrêtée sur cette odalisque.


Tout me plaît dans cette oeuvre, ses couleurs, sa composition, l'atmosphère qui s'en dégage, et jusqu'aux finitions du pantalon !

Si vous souhaitez vous aussi nous aider à recouvrir la toile de peinture, laissez tout simplement un commentaire sous cet article et je vous confierai un peintre à mettre en vedette sur votre blogue. 


dimanche 12 février 2017

La mort de Mignonne et autres histoires de Marie Hélène Poitras

De Marie Hélène Poitras, j'avais lu Griffintown dont la prose poétique m'avait touchée, dont la tendre intensité m'avait bouleversée.

Ici, bien qu'attirée, j'étais un peu dubitative, puisque la première parution de ce recueil de nouvelles remonte à presque 10 ans avant Griffintown. Mes appréhensions n'étaient pas fondées et j'ai (re)trouvé dans ces brefs récits les thèmes chers à Marie Hélène Poitras d'une part et cette plume pouvant se faire aussi caressante qu'assassine d'autre part.

La couverture du livre elle-même reprend à mes yeux cette dualité, ce tapis de cheveux qui semble si soyeux, mais qui ne manquera pas de nous faire trébucher si on l'emprunte et de blesser celle qui nous l'offre. Marie Hélène Poitras, c'est tout ceci à la fois, une alchimie d'où peuvent aussi bien naître des poisons que des filtres d'amour. 


LA MORT DE MIGNONNE

LA BEAUTÉ DE GEMMA

C'ÉTAIT SALEMENT ROMANTIQUE

GRUNGE

FÉES ET PRINCESSES AU BOUT DE LEUR SANG

LETTRE AUX HABITANTS DE RIVIÈRE-BLEUE & LA MAISON

SUR LA TÊTE DE JOHNNY CASH

RUTH EN ROSE

PROTÉGER LOU

COMME LA RENARDE

NAN SAN RÉAL


Qui parle de Marie Hélène Poitras évoque instantanément les chevaux et les « hommes de chevaux ». On les retrouve bien sûr ici dans La mort de Mignonne, Protéger Lou et Nan sans Réal. Ce « retour à Griffintown » en quelques sortes (pour le lecteur seulement, puisque chronologiquement il s'agit plutôt de textes précurseurs) est un pur bonheur de lecture. 

Je n'ai pas lu Soudain le Minotaure (de peur d'être trop secouée), mais son thème du sexe sale et de l'ambiguïté d'une jeunesse avide de découverte, aguicheuse, en même temps que pure et désarmée, revient à plusieurs reprises dans les textes du présent recueil.


L'auteure explore en effet ici largement le passage de l'enfance à l'âge adulte avec la grande soeur de Lili dans Fées et princesses au bout de leur sang, avec les jeunes de Grunge qui illustrent sans même s'en rendre compte les chansons de Nirvana qu'ils écoutent, ou encore avec Gemma l'apprentie-mannequin. 

Le cachalot de Sur la tête de Johnny Cash et une renarde à trois pattes viennent compléter le bestiaire anthropomorphique qu'utilise habilement Marie Hélène Poitras pour dénoncer les multiples travers humains : cupidité et mensonge, pour ne nommer que ceux-ci.



Mais il est des situations où les analogies ne suffisent plus et où s'impose une lettre ouverte au sein de laquelle l'écrivaine revendique sa liberté, celle de mêler à sa guise fiction et réalité, car c'est là l'essence même de son art.

Cette mise au point elle aussi est à l'image de l'auteure qui entend cheminer sans entrave et qui, bien que tolérant le mors, ne consent à respecter le lecteur que s'il existe avec celui-ci une véritable complicité. De force et de violence, il n'est jamais question. Et si brutalité il y a, c'est en raison de blessures seulement. 

Ce que l'on retient finalement de cette dizaine de textes est l'immense et parfois si douloureuse sensibilité de Marie Hélène Poitras dont je lirai assurément chacun des prochains livres.

  
Cette lecture correspond à la colonne MORT de ma première ligne pour ma participation au :

Et il s'agit aussi de :